Ce lundi matin, dans le 4e arrondissement de Lyon, un groupe d’environ quinze lycéens a décidé de bloquer leur établissement, la cité scolaire Saint-Exupéry, en utilisant des poubelles. L’action, lancée à 8h30, s’inscrit dans un contexte de mécontentement croissant face aux annonces récentes du gouvernement concernant l’éducation.
EN BREF
- Des lycéens de Lyon bloquent leur établissement avec des poubelles pour revendiquer des changements.
- Environ 1.400 élèves sont concernés par ce mouvement, qui s’inscrit dans un mécontentement plus large.
- La direction du lycée et les forces de l’ordre interviennent sans apaiser la colère des jeunes.
Baptiste, l’un des organisateurs, a déclaré : « On vient de récupérer les poubelles du quartier. » Ce blocus a été préparé via les réseaux sociaux, avec un groupe de discussion comptant près de 200 membres, bien que la participation active soit plus limitée. Le lycée, qui accueille environ 1.400 élèves, a vu ses horaires de rentrée échelonnés pour éviter les rassemblements. Les élèves de Première commencent à 9 heures, ceux de Terminale à 10 heures et les Seconde à 11 heures.
Les revendications des jeunes vont au-delà d’un simple retour en classe. Basile, élève en terminale, a exprimé son désarroi face aux promesses du gouvernement, affirmant que « remplacer Parcoursup par un autre outil de sélection » ou « proposer 15.000 places pour des BTS alors qu’on en voulait 150.000 dans les facs » n’est pas suffisant. « Nous, on en a marre, on veut des actes, maintenant », a-t-il ajouté.
La mobilisation a également une dimension solidaire, comme l’a souligné Zoé, 16 ans : « Nous faisons le blocus en solidarité avec les autres lycées et pour toute la colère sociale. » Elle a même reçu le soutien de sa mère dans cette démarche. D’autres élèves, comme Julie et Nelo, ont partagé leur frustration : « On ne se sent pas écouté. Et sincèrement, ce ne sont pas les cours qui nous inquiètent, c’est notre avenir. »
Alors que le groupe de lycéens se rassemblait devant leur établissement, ils ont été rejoints par des camarades d’autres lycées, créant un mouvement plus large. « Siamo tutti antifascisti », scandaient-ils, tandis que certaines pancartes appelaient à plus d’argent pour les lycées et moins pour les grandes entreprises. La proviseure, tentant d’engager le dialogue, a été perçue comme peu réceptive. Nelo a signalé : « Elle ne nous écoute pas et nous menace de conseils disciplinaires. »
À l’extérieur, des membres du personnel enseignant ont exprimé leur soutien au mouvement des élèves, soulignant que les véritables problèmes résident dans les mauvaises conditions d’enseignement, comme des classes surchargées. « Ce ne sont pas les blocus qui pénalisent l’apprentissage, ce sont les conditions dans lesquelles ils se déroulent », ont-ils déclaré.
La police a été alertée par la direction de l’établissement, intervenant pour disperser les élèves qui bloquaient l’accès à l’établissement. « Vous trouvez ça normal d’avoir peur de la police à notre âge ? » a demandé Julie, 15 ans, exprimant une inquiétude partagée par de nombreux jeunes présents. Malgré la présence policière, les lycéens ont continué à revendiquer leurs droits.
Après plusieurs heures de blocus, le mouvement a commencé à s’essouffler. Certains élèves, inquiets pour leur avenir scolaire, ont commencé à quitter les lieux. « Moi je veux juste mon bac, mais il y a un ras-le-bol général », a déclaré Quentin, élève de Terminale, tandis qu’Elia a insisté sur l’importance de la solidarité dans leur lutte commune.
À la fin de cette journée de mobilisation, la préfecture a signalé seize établissements ayant connu des attroupements et trois autres ayant décidé de faire cours en distanciel. Les lycéens, déterminés, ont déjà prévu de poursuivre leurs actions dans les jours à venir, tant que leurs revendications ne seront pas entendues.