Ce lundi, lors d’une audition à l’Assemblée nationale sur le budget 2027 de son ministère, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fermement affirmé qu’il ne renoncerait à aucun moyen intermédiaire, tels que les grenades ou les gaz lacrymogènes, pour assurer la sécurité des policiers lors des manifestations. Cette déclaration intervient alors que plusieurs députés, notamment de La France Insoumise, l’ont interpellé sur l’utilisation de ces armes, suite à des incidents ayant causé des blessures graves chez des lycéens durant les récentes mobilisations.
EN BREF
- Laurent Nuñez défend l’usage de moyens intermédiaires de police.
- Des députés demandent de renoncer à l’utilisation des grenades.
- Le ministre sera auditionné sur sa gestion du maintien de l’ordre le 17 octobre.
Au cours de cette audition, le ministre a répondu à la députée LFI Gabrielle Cathala, qui dénonçait ce qu’elle qualifiait de « répression » de la part des forces de l’ordre. Laurent Nuñez a rétorqué que « la répression, elle n’existe pas » et a précisé que son rôle est de prévenir les troubles à l’ordre public. « Je suis content quand une manifestation arrive à son terme sans qu’on ait eu à faire usage de la force », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de maintenir la paix lors des rassemblements.
Le ministre a également évoqué la nécessité d’un dialogue pour « retrouver un peu de volonté de continuer à vivre ensemble dans les six mois qui viennent », en référence aux élections présidentielles prévues. Il a insisté sur le fait qu’il n’intervient que lorsqu’il y a des violences, pointant du doigt ceux qui « pètent les vitrines » et « balancent des cocktails Molotov » contre les forces de l’ordre.
Concernant l’utilisation de gaz lacrymogènes, Laurent Nuñez a affirmé qu’il n’avait « pas connaissance du caractère nocif » de ces produits. En réponse à des questionnements sur leur impact sur la santé, notamment chez les femmes, il a cité des études menées en 2021-2022 qui n’avaient pas révélé d’effets néfastes. Il a conclu en déclarant qu’il ne suspendrait pas l’utilisation du gaz lacrymogène par principe de précaution.
Alors que la journée de mobilisation contre la vie chère avait été marquée par des dégradations et des violences sans précédent, la vigilance du gouvernement semble se renforcer. Laurent Nuñez sera de nouveau interrogé mardi par la commission des lois, dans le cadre d’une enquête sur sa gestion du maintien de l’ordre. Cette audition pourrait apporter de nouveaux éclaircissements sur les stratégies de sécurité mises en œuvre lors des manifestations.
La controverse autour des moyens de maintien de l’ordre reste vive, et le débat sur la légitimité de l’usage des grenades et des gaz lacrymogènes se poursuit, alors que les autorités tentent de trouver un équilibre entre sécurité publique et droits des manifestants.