Donald Trump évoque une possibilité d’accord avec l’Iran avant les élections américaines

À quelques jours des élections de mi-mandat, Donald Trump a déclaré que la possibilité d’un accord avec l’Iran était sur la table. Ce lundi, le président américain a partagé sur Truth Social son impression que Téhéran souhaitait un accord « aussi rapidement que possible », laissant entendre que cela pourrait se concrétiser prochainement.

EN BREF

  • Donald Trump annonce que l’Iran veut un accord rapidement.
  • Le vice-président J.D. Vance se dit optimiste sur une issue négociée.
  • Les négociations se poursuivent malgré des positions encore éloignées.

Ces déclarations signalent un changement de ton significatif, surtout après les récentes menaces de Trump, qui avait, le week-end précédent, évoqué la possibilité de donner un « coup de massue » à l’Iran. Quand on lui a demandé s’il envisageait une reprise des frappes après le scrutin, Trump a répondu par la négative, suggérant qu’il souhaite laisser les négociations se poursuivre.

Du côté iranien, Téhéran a proposé de rouvrir le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle, en seulement deux jours, contre sept dans le plan précédemment rejeté par Washington. Cependant, les conditions posées par l’Iran demeurent inchangées : un cessez-le-feu sur tous les fronts, le dégel de ses avoirs à l’étranger, la levée des sanctions pétrolières ainsi que la fin du blocus naval américain sur ses ports. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également mentionné l’acceptation d’un nouvel itinéraire convenu avec Oman pour le transit par le détroit d’Ormuz.

Les échanges diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran se sont intensifiés ces derniers temps, malgré des divergences persistantes. Araghchi a mis en avant le rôle de médiateur actif joué par le Qatar et le Pakistan. De plus, le président Massoud Pezeshkian a révélé que le guide suprême, Mojtaba Khamenei, avait délégué certaines prérogatives au gouvernement, ce qui semble indiquer une volonté de faciliter les discussions.

Il convient de noter que l’Iran a verrouillé le détroit d’Ormuz depuis le début des hostilités, qui ont été déclenchées par des frappes israélo-américaines. Dimanche, un navire a été touché à l’embouchure de cette voie maritime par un « projectile inconnu », selon l’agence britannique UKMTO. Néanmoins, les perspectives diplomatiques ont conduit à une récente baisse du prix du pétrole, le Brent ayant chuté de 7,64 % pour s’établir à 104,77 dollars le baril, un recul notable par rapport aux environ 70 dollars précédant le conflit.

Cependant, l’approche des élections américaines invite à la prudence. Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, a souligné que les signaux diplomatiques pourraient être tactiques dans le cadre de la campagne électorale. Il a rappelé l’impopularité de la guerre aux États-Unis, exacerbée par la flambée des prix des carburants, et a noté l’intérêt politique de Trump à faire croire à une résolution rapide du conflit.

Dans ce contexte, il est légitime de se demander si ces récentes déclarations de Trump peuvent réellement déboucher sur un accord ou si elles relèvent davantage de la stratégie électorale. Seul l’avenir nous le dira.