Une enquête conjointe menée par Yuka et Que Choisir Ensemble a mis en lumière une pratique préoccupante dans l’industrie alimentaire : l’« additive washing ». Ce terme désigne l’utilisation de mentions flatteuses telles que « sans conservateur » ou « sans colorant » sur l’emballage de produits qui contiennent en réalité de nombreux autres additifs, dont certains sont controversés.
EN BREF
- Une enquête révèle que des produits « sans conservateurs » contiennent d’autres additifs.
- Yuka et Que Choisir demandent une enquête nationale sur ces pratiques.
- Les experts conseillent de privilégier les produits bruts et de faire la cuisine soi-même.
Lorsqu’un consommateur se retrouve devant un paquet de madeleines affichant fièrement « sans conservateur » et « sans colorant », il est légitime de croire qu’il s’agit d’un produit sain. Toutefois, un examen plus attentif de la liste des ingrédients peut révéler la présence d’additifs aux effets néfastes bien documentés. Ce phénomène, qualifié par les experts de « trompeur », a été souligné par Zoé Kerlo, toxicologue chez Yuka, qui a également donné des conseils pour éviter de se faire piéger par ces étiquettes séduisantes.
La toxicologue recommande de se méfier des listes d’ingrédients longues, expliquant que plus une liste est courte, mieux c’est. Les consommateurs devraient également prêter attention aux ingrédients qui commencent par la lettre « E », qui sont souvent des additifs. Pour une alimentation plus saine, elle préconise de se tourner vers des produits bruts et de cuisiner soi-même.
Dans une interview accordée à RMC Story, Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et agriculture chez Que Choisir Ensemble, a également souligné la légalité de cette pratique. Selon lui, il est tout à fait légal pour les industriels d’affirmer qu’il n’y a pas de colorant ou de conservateur, même si d’autres additifs tels que les nitrites, les émulsifiants ou les polyphosphates sont présents. « On joue un peu sur les mots », a-t-il déclaré.
Olivier Andrault a mis en lumière le fait que, bien que les industriels puissent produire des aliments sans nitrites, ils avancent des arguments selon lesquels l’absence de ces additifs pourrait rendre les produits dangereux, notamment en permettant la prolifération de bactéries. « S’ils font ça, c’est pour accélérer le processus de fabrication et donner une teinte rose aux produits, notamment ceux auxquels les enfants sont habitués », a ajouté Andrault.
Pour éviter des désagréments, il est conseillé aux consommateurs d’examiner attentivement les étiquettes et d’utiliser des applications comme Yuka ou celle de Que Choisir Ensemble, nommée « Quel produit ». Ces outils permettent d’obtenir des informations supplémentaires sur les produits alimentaires et d’identifier ceux à éviter.
Face à cette situation, Yuka et Que Choisir Ensemble ont appelé la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à ouvrir une enquête nationale afin de mesurer l’ampleur de ces pratiques trompeuses. Ils demandent également aux industriels de retirer ces mentions de leurs produits pour garantir une meilleure transparence envers les consommateurs.
Il est essentiel d’adopter une approche critique face à ce que l’on consomme. En s’informant et en choisissant judicieusement, chacun peut contribuer à une alimentation plus saine.