Les députés dénoncent l’hypocrisie du gouvernement face aux prix du carburant

Ce mardi 3 novembre, à l’Assemblée nationale, les députés Henri Alfandari (Horizons) et Aurélie Trouvé (La France insoumise) ont présenté les conclusions d’une mission flash sur les causes de la flambée des prix des produits pétroliers. Une conférence de presse s’est tenue à 10h30 pour détailler ces résultats, mais la députée Trouvé a déjà partagé des éléments clés en exclusivité sur RMC.

EN BREF

  • Les députés appellent à une baisse immédiate des prix de l’essence.
  • Aurélie Trouvé dénonce l’hypocrisie du gouvernement face à la hausse des marges de raffinage.
  • Le rapport souligne que le problème est lié aux profits des compagnies pétrolières, comme Total.

Au cœur des débats, Aurélie Trouvé a mis en lumière que le choc d’offre géopolitique, souvent cité pour justifier les prix élevés, ne suffit plus à expliquer la situation actuelle. Selon elle, l’approvisionnement est stable et il n’y a pas de pénurie, mais les prix du carburant demeurent « exceptionnellement élevés » à cause de l’envolée des marges de raffinage et des pratiques de négoce en amont.

La députée a affirmé que « dès demain, les Français pourraient acheter leur essence à 1,70 euros chez Total, par exemple ». Elle a précisé que cela serait possible si Total répercutait l’effet de la libération des stocks stratégiques et cessait de réaliser des profits excessifs en France. Elle a rappelé que Total avait enregistré des bénéfices de 17 milliards d’euros en neuf mois, soit le double de l’an dernier sur la même période.

« Le gouvernement est hypocrite », a-t-elle insisté, arguant qu’il pourrait agir pour faire baisser les prix. « Si le gouvernement le voulait vraiment, le litre pourrait être à 1,70 euros », a-t-elle affirmé lors de son intervention sur RMC Story. Trouvé a dénoncé le discours gouvernemental qui attribue la hausse des prix à la guerre, en soulignant que les rapports montreraient que le véritable problème réside dans la quête de profits des entreprises pétrolières.

Elle a également insisté sur la nécessité de plafonner ces profits, pointant directement du doigt le géant Total, qui a été largement plébiscité pour sa politique de plafonnement des prix à la pompe. « Si les Français choisissent Total plutôt qu’un distributeur indépendant, c’est simplement parce que les prix sont légèrement plus bas chez Total. Cependant, les distributeurs indépendants ont souvent du mal à s’aligner sur ces prix, car Total leur vend à des tarifs plus élevés que ceux de ses propres stations », a-t-elle expliqué.

Les conclusions de cette mission sont marquées par un fort désaccord entre les deux rapporteurs. Henri Alfandari considère que la hausse des prix est due à un choc d’offre géopolitique, accentué par des décennies de désindustrialisation. Il préconise des aides simplifiées et une réindustrialisation du secteur du raffinage, ainsi qu’un crédit d’impôt kilométrique remboursable dès 2027.

Alors que les débats se poursuivent, les conclusions de cette mission pourraient avoir des implications importantes pour la politique énergétique en France. La question des prix du carburant et des profits des entreprises reste au cœur des préoccupations des Français, soulevant des enjeux économiques et sociaux cruciaux.