Manifestations coordonnées en Europe : des millions attendus dans les rues en novembre

Ce mois de novembre s’annonce particulièrement mouvementé sur le vieux continent. Des syndicats et des associations de plusieurs pays européens ont lancé, le 3 novembre 2026, un appel à des « manifestations coordonnées » prévues pour les 20, 21 et 22 novembre. À l’origine de cet élan collectif, une crise du pouvoir d’achat qui touche de plein fouet des millions de citoyens.

EN BREF

  • Des manifestations coordonnées sont prévues dans sept pays européens fin novembre.
  • Les revendications incluent le droit au logement et le contrôle des prix.
  • Une grève générale est attendue en France le 5 novembre.

Les principales organisations de travailleurs, y compris le syndicat de l’encadrement CFE-CGC, qui était jusqu’alors réticent, se joignent à cette mobilisation. Les syndicats espèrent attirer « des millions » de personnes dans les rues pour faire entendre leurs voix face à une situation jugée intenable.

Un appel à la solidarité européenne

Le porte-parole de la confédération des syndicats de locataires espagnols, Carme Arcarazo, a souligné lors d’une conférence de presse l’importance de cette coordination : « Nous avons décidé de nous coordonner pour avancer ensemble ». Cette rencontre a rassemblé des représentants d’organisations de France, de Belgique, de Grande-Bretagne, de Grèce, d’Italie et du Portugal, marquant un moment fort de solidarité transnationale.

Les revendications principales tournent autour de la « garantie du droit au logement » ainsi que du « contrôle des prix du logement, de l’alimentation et de l’énergie ». En outre, des demandes plus générales concernant l’augmentation des salaires et des pensions de retraite figurent également sur la table.

Une crise qui touche tous les pays

Les témoignages de la crise du logement sont nombreux. En Espagne, l’expulsion tragique d’une retraitée de 87 ans a ravivé les tensions et a poussé le gouvernement à convoquer des élections anticipées. Les syndicats espagnols prévoient une grève générale le 11 novembre pour soutenir leurs revendications sur le logement et les salaires, à quelques jours des élections.

Dans le même temps, des manifestations semblables émergent dans d’autres pays. Au Portugal, plusieurs campements sont apparus dans les villes de Lisbonne et Porto, illustrant la colère croissante de la population face à la hausse des prix.

En France, les lycéens ont été à l’initiative d’une mobilisation pour réclamer plus de moyens dans l’éducation, tout en dénonçant le système d’orientation Parcoursup. Les manifestations contre la vie chère, qui incluent également des syndicats et des gilets jaunes, s’organisent autour des mêmes préoccupations.

Le 20 novembre sera également marqué par une « grève de la jeunesse » dans 20 pays, orchestrée par une association portugaise d’étudiants engagée contre les énergies fossiles. Ce mouvement témoigne d’une prise de conscience collective face à des enjeux cruciaux pour l’avenir.

Des manifestations qui résonnent à l’échelle européenne

La mobilisation en France trouve un écho dans plusieurs autres pays européens. En Grèce, par exemple, des manifestations ont rassemblé plus de 10 000 personnes, brandissant des banderoles en grec et en français proclamant que « l’espoir est dans la lutte des peuples ». Ce sentiment d’unité et de solidarité transfrontalière devient palpable avec chaque nouvelle mobilisation.

Récemment, des centaines de milliers de personnes ont également défilé en France, tandis que des dizaines de milliers de jeunes sont descendus dans la rue en Allemagne. En Italie, le mouvement a réuni des étudiants, des travailleurs portuaires et des agriculteurs, démontrant que la colère face à l’inaction gouvernementale est un phénomène partagé.

Alors que les prix des logements ont augmenté de plus de 60 % entre 2010 et 2025 dans l’Union européenne, la situation devient de plus en plus intenable pour de nombreux ménages. En 2024, plus de 16,5 millions de ménages européens dépensaient plus de 40 % de leurs revenus dans leur logement, illustrant ainsi l’urgence d’une réponse politique adaptée.

Il reste à observer comment ces mobilisations, tant en France qu’à travers l’Europe, vont se traduire en actions concrètes et en décisions politiques. Le mois de novembre pourrait bien marquer un tournant dans la lutte pour des conditions de vie dignes pour tous.