Ce jeudi 5 novembre, la France s’apprête à vivre une journée de mobilisation d’ampleur, marquée par des manifestations organisées par les syndicats. Ces derniers, soutenus par des jeunes et des membres des Gilets jaunes, appellent l’ensemble des travailleurs du secteur public et privé à se rassembler pour exiger des hausses de salaires. Les lycéens et étudiants, en attente de réponses sur leurs revendications, rejoindront également les cortèges.
EN BREF
- Plus de 250 rassemblements prévus à travers la France
- Transports perturbés, notamment à la SNCF et dans les écoles
- Les Gilets jaunes mobilisés pour des actions sur routes et autoroutes
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de mécontentement grandissant face à la vie chère, débutée avec une première journée d’actions le 17 octobre. Selon les prévisions, entre 500 000 et 700 000 manifestants pourraient être présents en dehors de la région parisienne, comme l’indique une note de la Direction nationale du renseignement territorial, confirmant les informations diffusées par RTL.
Des mobilisations à travers le pays
À Lyon, un rassemblement est prévu à partir de 10h30, mais la préfecture a refusé l’accès à la place Bellecour, suscitant l’ire des syndicats. À Toulouse, les manifestants sont également attendus en masse, bien que le parcours de la manifestation reste incertain en raison d’un arrêté préfectoral interdisant le tracé initial. À Rouen, un rassemblement est prévu à 10 heures, mais là encore, la préfecture a rejeté le parcours qui passait par le centre-ville, invoquant des risques pour l’ordre public.
À Paris, des dizaines de milliers de personnes devraient se rassembler. L’intersyndicale d’Île-de-France a déposé un recours en référé contre la préfecture de police pour contester l’interdiction du parcours initial entre la Bastille et la Concorde. Les syndicats demandent la suspension de cette décision, qu’ils jugent injustifiée. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a exprimé son indignation face à la gestion des manifestations : « C’est une honte, ça n’est pas sérieux de travailler comme ça. »
Des transports en commun fortement impactés
Du côté des transports, la SNCF annonce un trafic « perturbé » sur la majorité de ses lignes régionales et franciliennes, avec des perturbations mineures pour les TGV. De plus, un préavis de grève a été déposé pour les contrôleurs du trafic aérien. En Île-de-France, la RATP prévoit un trafic « normal » pour le métro, le tramway et les bus, mais des perturbations sont attendues sur la ligne B du RER.
Les Gilets jaunes, pour leur part, planifient des actions sur plusieurs routes, ronds-points et autoroutes. À Strasbourg, un blocage sur l’A35 est prévu dès 8 heures. En Isère, la Confédération paysanne organisera un barrage filtrant près d’un péage sur l’A48. Dans les ports, les dockers de la CGT seront en grève, entraînant des perturbations significatives, notamment au port de Calais, où des conseils sont donnés aux passagers de se renseigner auprès de leur compagnie de ferry.
Le ministère de l’Éducation nationale anticipe un taux de grévistes d’environ 17,54 % dans le premier degré public. Les syndicats de l’enseignement privé appellent également à la mobilisation, ce qui pourrait affecter le fonctionnement des cantines scolaires dans plusieurs villes, comme à Strasbourg et Marseille.
Les hôpitaux parisiens sont également touchés par cette grève, avec des syndicats appelant à des actions contre des coupes budgétaires. La CGT de la Poste a déposé un préavis de grève illimitée à partir de ce jeudi.
Face à cette journée sensible, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé aux préfets d’adopter des mesures opérationnelles robustes pour éviter des débordements similaires à ceux du 17 octobre. Des effectifs de police et de gendarmerie seront renforcés pour cette journée, indiquant la gravité de la situation attendue.
Alors que la France se prépare à une journée marquée par le mécontentement, les enjeux économiques et sociaux se retrouvent au cœur des discussions. Ce jeudi noir pourrait ainsi être un tournant déterminant pour de nombreuses revendications.