Ce mardi 27 janvier, l’ancien sénateur Joël Guerriau a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d’emprisonnement, dont 18 mois ferme, pour avoir lourdement drogué la députée Sandrine Josso en 2023. Ce verdict a été prononcé après un délibéré de plus de quatre heures, marquant une étape cruciale dans une affaire qui a suscité une vive émotion au sein de la classe politique et au-delà.
EN BREF
- Joël Guerriau a été condamné pour avoir drogué Sandrine Josso à son insu.
- La peine inclut 18 mois de prison ferme et un suivi psychologique obligatoire.
- Guerriau a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Le tribunal a rejeté la défense de Joël Guerriau, qui plaidait l’inadvertance concernant la présence de MDMA dans le verre de champagne qu’il avait servi à Sandrine Josso. Au contraire, le parquet a qualifié les actes de l’ancien sénateur, âgé de 68 ans, de « préparés et prémédités », soulignant la gravité des faits. Le procureur Benjamin Coulon a précisé que Guerriau avait volontairement ajouté de la MDMA dans la coupe de champagne lors d’un dîner au domicile de ce dernier, le 14 novembre 2023.
Cette affaire est souvent considérée comme emblématique des dangers de la soumission chimique, un phénomène préoccupant qui soulève des questions sur la sécurité des femmes dans des contextes sociaux. Sandrine Josso, qui a depuis pris un engagement politique fort contre ce fléau, a déclaré avoir été traumatisée par les événements. Lors de son intervention au tribunal, elle a exprimé son soulagement d’avoir été crue et a décrit comment elle avait découvert un « agresseur » sous les traits d’un ami de longue date.
En plus de la peine d’emprisonnement, le tribunal a imposé à Guerriau l’obligation de suivre des soins psychologiques ou psychiatriques, ainsi qu’une interdiction de contact avec la députée. Il devra également indemniser Sandrine Josso. Malgré la gravité de la condamnation, l’ancien sénateur a pu quitter le tribunal libre, un mandat de dépôt à effet différé ayant été prononcé sans exécution provisoire.
Le parquet avait demandé une peine encore plus sévère, avec une réquisition de quatre ans de prison, dont trois ferme, ainsi qu’une inscription au fichier des délinquants sexuels. Les réquisitions du parquet ont mis en avant le devoir d’exemplarité d’un ancien sénateur, rappelant que de tels actes ne sauraient être tolérés, quelle que soit la personnalité de l’agresseur.
La défense, de son côté, a tenté de mettre en avant le casier judiciaire vierge de Joël Guerriau et son parcours politique, plaidant pour une compréhension des circonstances. Cependant, le tribunal a tranché en faveur de la gravité des actes, soulignant que la préméditation et la nature des faits commis justifiaient une peine sévère.
Dans ce contexte, le débat public sur la soumission chimique s’intensifie, et Sandrine Josso est devenue une voix importante dans cette lutte, cherchant à sensibiliser et à prévenir de futurs incidents similaires. La société civile, les associations et les institutions se mobilisent également pour renforcer les lois et les protections autour de ce sujet délicat.
En somme, cette affaire met en lumière des problématiques sociétales pressantes et souligne la nécessité d’une vigilance accrue face aux comportements prédateurs. La décision du tribunal, bien que douloureuse pour tous les acteurs impliqués, représente un pas en avant dans la reconnaissance des violences faites aux femmes.
