Contamination des laits infantiles : Nestlé alerté dix jours avant les premiers rappels

Le géant agroalimentaire Nestlé fait face à des critiques croissantes après avoir tardé à rappeler des lots de laits infantiles contaminés par une toxine. Selon des informations rapportées par Le Monde, l’entreprise aurait détecté la présence de la toxine Bacillus cereus au moins dix jours avant la première alerte publique, le 10 décembre.

EN BREF

  • Détection de la toxine céréulide par Nestlé fin novembre 2025.
  • Premier rappel de la gamme Guigoz effectué le 10 décembre.
  • Foodwatch dénonce les délais de réaction des industriels face aux alertes.

Le rapport de Le Monde indique que les autocontrôles effectués par Nestlé, à la fin de novembre, avaient déjà mis en évidence des traces de céréulide dans certains produits fabriqués dans une usine aux Pays-Bas. Les résultats d’analyses complémentaires, reçus au début décembre, ont confirmé la présence de la toxine, bien que celle-ci soit qualifiée d’infime.

Nestlé a confirmé ce calendrier. Selon ses déclarations, l’entreprise a demandé à ses experts d’évaluer le risque pour la santé, afin de comprendre les conséquences potentielles de la consommation de ces produits avant de notifier les autorités compétentes.

La Commission européenne, alertée par la situation, a saisi l’Autorité européenne de sécurité sanitaire (EFSA) pour établir un seuil réglementaire concernant la toxine céréulide chez les nourrissons. Ce seuil devrait être défini d’ici le 2 février.

Les rappels de la gamme Guigoz ne concernent pas uniquement Nestlé. D’autres groupes agro-alimentaires tels que Lactalis et Danone sont également impliqués dans des rappels liés à des contaminations similaires, soupçonnées d’être causées par une huile riche en acide arachidonique, produite par un groupe chinois. Après le premier rappel de Nestlé, plusieurs autres vagues de rappels ont été nécessaires, affectant de nombreux produits sur le marché.

Le 29 janvier, l’ONG Foodwatch a déposé une plainte, critiquant les fabricants de lait pour leur lenteur à réagir face aux alertes. Ingrid Kragl, directrice de l’information et des enquêtes chez Foodwatch, a exprimé un vif mécontentement : « Il n’y a absolument aucune excuse entendable pour tous ces rappels tardifs », a-t-elle déclaré.

Foodwatch a établi une chronologie indiquant que les autorités sanitaires italiennes ont été les premières informées des résultats des tests de Nestlé, début décembre. Cette information a été confirmée par le ministère italien de la Santé. L’ONG suspecte aussi que les industriels aient été au courant de la contamination bien avant ces alertes, citant des rappels antérieurs impliquant plusieurs marques de lait durant l’année 2025.

Karine Jacquemard, directrice générale de Foodwatch, a affirmé : « On veut casser ce cycle d’opacité et d’impunité, en le dénonçant haut et fort, et en comptant sur le fait que la justice fasse son travail ». Cette déclaration souligne l’importance d’une transparence accrue dans l’industrie agro-alimentaire, surtout en ce qui concerne la sécurité des produits destinés aux nourrissons.

Cette affaire met en lumière les enjeux cruciaux de la sécurité alimentaire et de la responsabilité des grandes entreprises face à la santé publique. Les consommateurs attendent des réponses et des actions concrètes pour éviter que de telles situations ne se reproduisent à l’avenir.