Ce jeudi, un policier a été condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Rouen pour avoir porté un coup de matraque à une passante lors des violences urbaines qui ont suivi la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions le 30 mai dernier. En plus de la peine de prison, il se voit infliger une interdiction d’exercer son métier pendant trois ans.
EN BREF
- Un policier condamné pour avoir blessé une passante avec une matraque à Rouen.
- Peine de prison avec sursis et interdiction d’exercer prononcées par le tribunal.
- La victime a subi des fractures au visage et porte toujours une plaque de métal dans la tête.
Ce jugement fait suite à des événements violents survenus à Rouen, où des célébrations se sont transformées en émeutes, entraînant des dégradations de biens publics et privés. Le policier, âgé d’une trentaine d’années, a été reconnu coupable de « violences aggravées ». Le tribunal a justifié son interdiction d’exercer par la gravité de ses actes et l’absence de remise en question de sa part pendant le procès.
Bien que le prévenu ait présenté des excuses à la victime, il a maintenu que son geste était « légitime et proportionné ». La plaignante, âgée de 31 ans, a relaté les faits : alors qu’elle sortait d’un restaurant avec son neveu et une amie commerçante, elle s’est retrouvée en plein milieu d’affrontements entre policiers et casseurs. C’est à ce moment-là qu’elle a été frappée au visage par le policier, ce qui lui a causé plusieurs fractures et une interruption de travail de quinze jours.
Les avocats de la victime ont souligné que son comportement ne représentait aucune menace. Me Kaltoum Gachi a insisté sur le fait que le policier avait délibérément choisi de frapper une personne non armée, qui ne se livrait à aucun acte de violence. « Elle ne lui a absolument pas porté de coup », a-t-elle martelé, ajoutant que la victime, vêtue de talons, ne ressemblait en rien à une émeutière.
Le policier a tenté de se défendre en affirmant avoir visé l’épaule de la passante pour se dégager et a mentionné sa fatigue après cinq heures d’intervention en raison des gaz lacrymogènes. Le ministère public avait quant à lui requis une peine moins sévère, avec six mois de prison avec sursis, sans peine complémentaire, tout en reconnaissant les difficultés auxquelles les forces de l’ordre sont confrontées dans de telles situations.
Ce verdict soulève des questions sur l’usage de la force par les forces de l’ordre, surtout lors de manifestations où les tensions sont palpables. Il rappelle également la nécessité d’une réflexion sur la formation et la responsabilité des policiers dans des contextes d’émeute.