Le dernier soldat américain tué avant l’armistice : l’histoire tragique d’Henry Gunther

Le 11 novembre 1918, à 10h59, un événement tragique se produit sur le front occidental. Henry Gunther, un soldat américain de 23 ans, se lève d’un fossé et charge une mitrailleuse allemande, ignorant que la guerre va s’arrêter dans moins d’une minute. Sa détermination, alimentée par un besoin de prouver sa bravoure, lui coûtera la vie, faisant de lui le dernier soldat tué de la Première Guerre mondiale.

EN BREF

  • Henry Gunther est le dernier soldat américain tué pendant la Première Guerre mondiale.
  • Il charge une mitrailleuse allemande une minute avant l’armistice.
  • Les ordres d’attaque continuent malgré la signature de l’armistice tôt le matin.

L’armistice, signé à 5h15 du matin dans un wagon-restaurant près de Rethondes, en forêt de Compiègne, impose une cessation des hostilités à 11 heures. Pourtant, des milliers de soldats continuent de combattre, poussés par des ordres de dernière minute. Au total, environ 11 000 soldats perdent la vie entre la signature de l’armistice et son entrée en vigueur, dont près de 2 700 soldats américains.

Gunther, né à Baltimore en 1895, avait été rétrogradé à cause d’une lettre de son cru, interceptée par la censure militaire. Cette humiliation le conduisit à rechercher désespérément une occasion de prouver sa bravoure. Ainsi, alors que ses camarades lui conseillent de rester en sécurité, il décide de se lever et de courir vers l’ennemi, malgré les appels à la prudence de son sergent, Ernest Powell.

Les Allemands, conscients de la fin imminente des combats, tentent de l’arrêter en tirant en l’air. Cependant, Gunther ne fléchit pas et continue son avance. À 10h59, une rafale de balles le touche mortellement, le faisant entrer dans l’histoire comme le dernier soldat américain à être tué dans ce conflit dévastateur.

Le général John J. Pershing, commandant des forces américaines, reconnaît Gunther à titre posthume en lui attribuant la Distinguished Service Cross et en le citant comme le dernier Américain tué au combat. Sa dépouille est rapatriée à Baltimore en 1923, et une stèle est inaugurée à Chaumont-devant-Damvillers en 2008 pour commémorer son sacrifice.

Il est intéressant de noter que ce jour-là, d’autres soldats ont également perdu la vie à quelques minutes d’intervalle. Le Britannique George Edwin Ellison est tué à 9h30 près de Mons, et le Canadien George Lawrence Price à 10h58, juste avant Gunther. Leurs décès soulignent l’absurdité des combats qui se poursuivent alors que la paix est déjà signée.

En France, un autre soldat, Augustin Trébuchon, est tué à 10h50, portant un message à ses camarades. Sa mort, comme celles de Gunther et des autres, se produit alors que les armées continuent d’agir comme si la guerre était encore en cours, un fait qui soulève des questions sur la gestion des opérations militaires à l’aube de la paix.

Depuis 1922, le 11 novembre est commémoré en France à 11 heures précises, un acte qui marque la fin d’un conflit qui a coûté la vie à des millions de personnes. Cette date, chargée de mémoire, rappelle à tous les sacrifices consentis et les tragédies survenues jusqu’à la toute dernière minute de la guerre.

La mémoire des soldats, comme Henry Gunther, est préservée dans le temps, et leur histoire continue de résonner, rappelant les conséquences tragiques des conflits armés et l’importance de la paix. Les détails précis de cette date, qui semblent insignifiants, ont pourtant eu des répercussions dramatiques sur des vies humaines.