Cinq ans de prison pour un gynécologue reconnu coupable d’agressions sexuelles

Jeudi soir, la cour criminelle de l’Eure a prononcé une peine de cinq ans de prison contre un gynécologue, déclaré coupable de viol et d’agression sexuelle sur des patientes. Les faits, survenus en 2018 et 2020, ont fait l’objet d’une attention particulière lors du procès, révélant des pratiques inappropriées dans le cadre d’examens médicaux.

EN BREF

  • Un gynécologue condamné pour viol et agression sexuelle sur des patientes.
  • Des attouchements et un examen inutile ont été dénoncés par les victimes.
  • La cour a estimé un risque de récidive, malgré les dénégations du médecin.

Les accusations portées contre le médecin sont graves. Il a été reconnu coupable d’avoir pratiqué des attouchements inappropriés sur une patiente et d’avoir effectué un examen médical, jugé « inutile », qui s’est transformé en pénétration digitale, considérée par la loi comme un viol.

Durant le procès, l’avocate générale, Aude Helbert, a requis une peine de six à huit ans de réclusion criminelle, soulignant le peu de remise en question du gynécologue et le risque de récidive. « Je suis sincèrement désolé si mon attitude a prêté à confusion (…) Je suis innocent », a déclaré le gynécologue avant que la cour ne prenne sa décision.

La première victime a témoigné des agressions qu’elle a subies, décrivant des « caresses sur les cuisses » ainsi que des attouchements sur des parties intimes, réalisés sans gants. Son récit a été corroboré par son départ précipité du cabinet médical. « Quand on fait des mauvaises choses, il faut assumer », a-t-elle affirmé, faisant écho à la souffrance causée par ces actes.

Au total, près de 80 patientes ont été interrogées durant l’enquête. Bien qu’aucun autre viol n’ait été signalé, plusieurs témoignages ont révélé des comportements inappropriés : des commentaires déplacés, des attouchements sans gants, et même des propositions de démonstration de « plaisir sexuel ». Ces comportements ont soulevé de vives inquiétudes quant à la professionnalité du praticien.

Tout au long de l’enquête, le gynécologue a nié les faits, se défendant en affirmant que ses gestes étaient d’ordre médical. Pourtant, des témoignages concordants de patientes et des expertises psychologiques ont mis en lumière une réalité troublante, où la confiance placée dans le médecin a été trahie.

Le magistrat instructeur a justifié le renvoi de l’affaire devant le tribunal en soulignant que les plaintes de deux femmes, indépendantes l’une de l’autre et survenues à deux ans d’intervalle, présentaient un mode opératoire similaire, renforçant ainsi la crédibilité des récits. Des experts en psychiatrie et en psychologie ont conclu à l’absence de pathologies affectant la crédibilité des plaignantes, leurs témoignages étant cohérents avec des symptômes de stress post-traumatique.

Ce verdict, bien qu’il ne puisse effacer le traumatisme vécu par les victimes, marque une avancée dans la reconnaissance des violences sexuelles dans le milieu médical. La condamnation du gynécologue souligne la nécessité d’une vigilance accrue et d’une protection renforcée pour les patientes, afin de prévenir de telles dérives à l’avenir.