Antonio Ferrara, le « roi de la belle », condamné à 13 ans de prison en Belgique

Antonio Ferrara, une figure emblématique du grand banditisme français, a été condamné ce jeudi 5 novembre à 13 ans de prison par un tribunal de Bruxelles. Agé de 53 ans, Ferrara a été reconnu coupable d’avoir participé à un projet de braquage en Allemagne prévu pour 2025.

EN BREF

  • Antonio Ferrara condamné à 13 ans de prison pour un projet de braquage en Allemagne.
  • Il a été arrêté en Belgique après l’échec de l’attaque d’un centre-fort à Bochum.
  • Neuf coprévenus, dont un de ses frères, ont également été condamnés.

Le procès a révélé des détails saisissants concernant la planification d’une attaque à main armée d’un centre-fort à Bochum, en Allemagne, où des banques stockent des valeurs importantes. Ce projet, qui a été déjoué grâce à une coopération policière franco-belge, aurait pu avoir des conséquences désastreuses.

Dans la nuit du 26 au 27 février 2025, des membres du groupe de Ferrara étaient en route pour le centre-fort lorsque des gyrophares de la police allemande les ont contraints à stopper leur progression. Le président du tribunal a souligné que l’intervention de la police belge avait été décisive pour empêcher la réalisation de ce braquage.

Les investigations avaient débuté en 2024, lorsque la justice française a ouvert une enquête sur une association de malfaiteurs. Ce travail a conduit à l’identification de Ferrara et de ses neuf coaccusés, dont certains ont des antécédents criminels notables. Les enquêteurs ont utilisé des écoutes téléphoniques et des surveillances pour établir leur implication dans le projet.

Les preuves contre Ferrara se sont avérées accablantes. Son ADN a été retrouvé sur la crosse d’une arme de guerre ainsi que sur plusieurs objets retrouvés dans un véhicule, comprenant des cagoules et des munitions. Le tribunal a également noté que ses déclarations manquaient de cohérence, le qualifiant de peu crédible. Lors de son arrestation, Ferrara avait prétendu se rendre à Eupen pour assister à un carnaval.

Durant le prononcé de sa peine, Ferrara a brièvement quitté la salle d’audience, déclarant en souriant : « Je me casse ». Cependant, il a rapidement repris sa place aux côtés des autres accusés. Au départ, le parquet de Bruxelles avait requis 18 ans de réclusion à son encontre, mais le tribunal a finalement statué pour une peine de 13 ans.

Libéré en 2022 après avoir purgé une précédente peine, Ferrara comparaissait libre au moment de son procès, après quelques mois de détention provisoire. Son avocat, Olivier Martins, a contesté la fiabilité des analyses ADN, soutenant que son client n’avait pas de lien direct avec le braquage projeté. Martins a également fait valoir qu’aucune arme n’avait été trouvée dans le véhicule de Ferrara au moment de son arrestation.

Le jugement a également touché aux autres membres du groupe. Parmi eux, Massimiliano Ferrara, le frère d’Antonio, a écopé de neuf ans de prison, tandis que Walid Tarsim, une autre figure du banditisme, a été condamné à 10 ans. Un autre suspect, Yacine Bentouati, a été condamné à 12 ans pour avoir tenté de renverser un policier lors de l’opération de police à Eupen.

Le tribunal a mis en lumière le caractère professionnel et la violence extrême des actes projetés par le groupe, qui avait accès à des armes de guerre et à des véhicules volés, ainsi qu’à des gilets pare-balles et des explosifs. Cette affaire, qui illustre les dangers du banditisme organisé, pose la question de la sécurité face à des projets criminels de cette envergure.