Multiplication des alertes à la bombe sur des vols en Europe ce 6 novembre

Cette semaine, l’Europe a été le théâtre d’une série d’alertes à la bombe visant des vols commerciaux et des médias. La journée du 6 novembre n’a pas fait exception avec plus d’une quinzaine de menaces signalées dans plusieurs pays, toutes se révélant jusqu’à présent infondées.

EN BREF

  • Plus de quinze alertes à la bombe sur des vols en Europe le 6 novembre
  • Aucune menace n’a été fondée, les explosifs n’ayant pas été retrouvés
  • Une enquête est en cours pour déterminer l’origine de ces alertes

Onze vols reliant Prague et Sofia ont été concernés par ces alertes, selon les informations fournies par l’aéroport de Prague. Quatre autres vols à destination de Madrid et un reliant Lisbonne à Rome ont également été ciblés. En France, quatre avions survolant le territoire national ont été inspectés à leur atterrissage, avec des interventions des équipes de déminage.

Les services de Matignon ont confirmé que ces appareils avaient atterri « sans encombre » et que des inspections de sécurité étaient en cours. Le Premier ministre français a précisé qu’une enquête était lancée pour comprendre l’origine de ces alertes qui affectent l’ensemble du continent.

Un vol de la compagnie Ryanair, reliant Lisbonne à Rome, a également fait l’objet d’une « menace de bombe », qui s’est révélée sans fondement, selon les autorités portugaises. Par ailleurs, le secteur des médias a été touché en Irlande, où plusieurs locaux, dont ceux de la chaîne RTÉ, ont dû être évacués suite à une alerte similaire.

Ces incidents ne sont pas isolés. Au cours des jours précédents, des alertes similaires avaient déjà été signalées, avec une vingtaine d’alertes recensées rien que le jeudi 5 novembre. Ces alertes avaient principalement concerné des vols low-cost, qui avaient été déroutés pour permettre l’évacuation des passagers et l’intervention des démineurs.

Une opération notable a eu lieu lorsqu’un avion de ligne A320, reliant Dublin à Rome, a été dérouté vers la base aérienne d’Évreux en Normandie. Les forces armées de différents pays ont également été mobilisées, avec des chasseurs Gripen en Hongrie, des Mig en Bulgarie, et des Rafale et Mirage en France escortant les avions suspects. Ces interventions, bien que nécessaires, impliquent des coûts élevés en carburant.

Pour l’heure, aucune revendication n’a été faite concernant ces alertes. Toutefois, des menaces envoyées aux aéroports de Rome et Sofia affirmaient qu’elles provenaient de « combattants de l’État masculin », un terme qui semble renvoyer à un groupe ultranationaliste russe, bien que le chef de ce mouvement ait démenti toute implication.

Simon Harris, vice-Premier ministre irlandais, a qualifié la situation d’« évolutive » et a souligné la nécessité d’une approche prudente face à ces alertes. Il a précisé qu’il était encore incertain s’il s’agissait d’un individu isolé ou d’une opération coordonnée.

Le gouvernement irlandais a estimé « probable » que ces alertes s’inscrivent dans le cadre d’une « campagne coordonnée visant à engendrer des perturbations ». L’OTAN a également déclaré surveiller la situation et coordonner ses efforts avec ses alliés.

Mark Rowley, chef de la police londonienne, a rappelé l’importance de garder son calme face à de telles menaces, citant des précédents historiques avec le groupe paramilitaire irlandais, l’IRA. Il a souligné la nécessité d’évaluer la véracité des alertes sans céder à la panique.

Enfin, une analyse des experts indique que cette série d’alertes, difficilement imputable à un auteur précis, pourrait être vue comme une forme d’opérations hybrides contre les États européens. Ces comportements, qui ne coûtent rien à leurs instigateurs, engendrent néanmoins des impacts significatifs sur la logistique des forces de sécurité et la perception de la sécurité par les populations.