Fermeture de Bétharram : le témoignage accablant d’Adrien sur les violences subies

Le 26 janvier 2026, la fermeture administrative de l’établissement privé Notre-Dame de Bétharram, situé près de Pau, a été annoncée. Cette décision fait suite à plus de 217 plaintes pour violences physiques et sexuelles portées contre l’institution. Parmi ces témoignages, celui d’Adrien, un ancien élève de 33 ans, se distingue par sa gravité et son impact émotionnel.

EN BREF

  • Fermeture administrative de l’établissement après 217 plaintes.
  • Témoignage d’Adrien sur des violences physiques et sexuelles subies.
  • Appel à la justice de la part des victimes et de la société.

Adrien a intégré l’internat de Bétharram entre 2003 et 2005. Dans un témoignage poignant accordé à la radio locale Ici Béarn Bigorre, il évoque des années marquées par la violence et la souffrance. En 2004, alors âgé de 12 ans, il se dit victime d’une série d’agressions qui l’ont plongé dans un état de détresse extrême. « J’ai vécu beaucoup de choses, la violence physique, la violence psychologique, la violence sexuelle », confie-t-il, ajoutant qu’il se sentait « dans le dernier cercle de l’enfer ».

Les récits d’Adrien sont alarmants. Il se remémore des tabassages, des enfermements dans les toilettes et des agressions physiques. « C’était ça Bétharram aussi », raconte-t-il. Ces violences, tant physiques que psychologiques, ont laissé des cicatrices profondes. Il déclare également avoir subi des comportements inappropriés de la part de certains prêtres, ce qui soulève des questions inquiétantes sur la sécurité des élèves au sein de l’établissement.

Adrien explique avoir tenté de signaler ces abus au directeur de l’école, mais sa démarche a été minimisée. « Je suis allé voir le directeur de l’école, mais il m’a dit ‘non, je ne vous crois pas, ce n’est pas possible, arrêtez de mentir’ », se souvient-il avec amertume. Un silence assourdissant a accompagné son calvaire, et il aurait même subi des viols de la part d’autres élèves. « Plusieurs m’enfermaient dans les toilettes et me violaient », raconte-t-il, illustrant l’ampleur des abus qui se sont déroulés au sein de l’établissement.

Adrien évoque des « agressions sexuelles » répétées et un climat de peur qui empêchait les victimes de se manifester. « Dès qu’il y en avait un qui parlait, ça pouvait être des brimades et autres », explique-t-il. Ce silence, qu’il qualifie d’« omerta de Bétharram », a contribué à la souffrance de nombreux élèves. « On priait pour qu’ils ne vous repèrent pas et qu’ils vous laissent un peu dans un coin », ajoute-t-il, révélant l’angoisse constante qui régnait dans cet environnement.

Depuis les révélations de Mediapart, de nombreux anciens élèves ont commencé à briser le silence, témoignant à leur tour des abus dont ils ont été victimes. Cet élan de parole est vital pour les victimes, qui exigent désormais des réponses et une enquête approfondie sur les événements tragiques qui se sont produits à Bétharram. La société, de son côté, se mobilise pour demander des comptes, alors que la justice se doit d’agir face à de tels témoignages accablants.

La fermeture de l’établissement ne met pas fin aux souffrances des victimes, mais elle marque un tournant dans la reconnaissance de ces violences. Les témoignages comme celui d’Adrien sont essentiels pour faire éclater la vérité et apporter du soutien à ceux qui ont enduré l’impensable.