Une affaire retentissante secoue actuellement les ports bretons et normands. À Erquy, dans les Côtes-d’Armor, un navire de pêche a été surpris en pleine infraction, alors qu’il revenait d’une sortie dédiée à la pêche de la coquille Saint-Jacques. Suite à des informations reçues, la gendarmerie maritime de Saint-Malo a mené une opération de contrôle dans le port costarmoricain.
EN BREF
- Un navire de pêche a été intercepté avec 850 kg de Saint-Jacques non déclarées.
- Le capitaine et l’équipage ont tenté de fuir avant l’arrivée des gendarmes.
- Une enquête vise à démanteler un réseau de braconnage de coquilles Saint-Jacques.
Après avoir débarqué 1,2 tonne de coquilles à la criée, ce navire a tenté de dissimuler sa véritable prise. Les enquêteurs ont rapidement constaté que, malgré le respect apparent de leur quota quotidien, les cales du bateau contenaient encore une importante quantité de coquilles. Lorsque les gendarmes sont intervenus, l’équipage avait déjà pris la fuite, conscient de la gravité de son acte.
Le patron du bateau, à la demande de son armateur, a finalement décidé de revenir au port, mais il était déjà trop tard. Selon le major Gautier Paris, responsable de la gendarmerie maritime, « il est arrivé en annexe quelques minutes avant nous. Il a jeté les noix dans le port ». Cette précipitation n’a pas suffi à dissimuler les preuves.
Les gendarmes, munis d’une autorisation judiciaire, ont mis le cap sur le navire, où ils ont trouvé plus de 850 kg de coquilles Saint-Jacques non déclarées. À cela s’ajoutaient deux sacs plastiques bleus flottant à la surface, ainsi que cinq autres sacs de noix décortiquées découverts par un plongeur. Au total, les quantités illégales saisies représentaient l’équivalent d’une tonne de coquilles, doublant ainsi la limite autorisée.
Le matériel de plongée retrouvé à bord du navire soulève des questions quant aux méthodes utilisées par l’équipage. En conséquence, le navire ainsi que sa marchandise ont été saisis, tandis que les noix décortiquées, non conformes aux normes sanitaires, ont été rejetées en mer.
Cette saisie pourrait avoir des répercussions significatives dans le milieu de la pêche, d’autant plus que le bateau appartient à une entreprise familiale bien connue à Erquy, qui possède plusieurs autres navires. Le capitaine et son équipage seront convoqués pour être entendus, alors qu’une enquête plus large est ouverte.
Les autorités cherchent à comprendre comment une telle quantité de coquilles illégales a pu être écoulée sans éveiller les soupçons. La gendarmerie maritime suspecte l’existence d’une « filière professionnelle » impliquant des mareyeurs et poissonniers, qui achèteraient ces coquilles à bas prix avant de les revendre à des particuliers, souvent peu informés de la nature illégale de leur achat.
Face à cette problématique, les gendarmes ont décidé de communiquer sur cette affaire pour alerter sur les pratiques de braconnage. Le major Paris a déclaré : « Nous savons que d’autres bateaux ont les mêmes pratiques. Là, on en a eu un. On espère marquer les esprits. » Il rappelle que les quotas de pêche ont été mis en place pour préserver les gisements, qui bénéficient actuellement de campagnes d’ensemencement et sont en pleine croissance.