Ce vendredi, la Ligue des droits de l’homme (LDH) a révélé que des avocats représentant au moins 18 personnes blessées lors des récentes manifestations ont décidé de porter plainte contre le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Ces avocats l’accusent d’avoir permis l’utilisation d’armes qualifiées de « mutilantes » par la police durant ces manifestations, en particulier celles qui ont eu lieu contre la vie chère et les mouvements lycéens.
EN BREF
- Des avocats portent plainte contre Laurent Nuñez pour ses ordres sur le maintien de l’ordre.
- Les armes utilisées lors des manifestations sont qualifiées de « mutilantes ».
- Une plainte collective sera déposée dans les trois semaines devant la Cour de Justice de la République.
Les avocats, dont Maître Arié Alimi, ont partagé leur ressenti sur les conditions de maintien de l’ordre, comparant la situation à un « champ de bataille ». Ils ont exprimé leur inquiétude face aux séquelles graves subies par les manifestants, certains sortant encore des unités de réanimation. « Ce sont les gueules cassées des temps modernes avec un niveau de séquelles indescriptibles », a commenté une autre avocate, Elsa Marcel.
Me Alimi a souligné la nécessité de cibler le ministre de l’Intérieur, qu’il considère comme responsable des « mutilations et des dégâts massifs » survenus lors des manifestations. Il a précisé que Laurent Nuñez a donné des ordres pour l’utilisation d’armes qu’il sait être dangereuses et inadaptées au maintien de l’ordre, comme les lanceurs de balles de défense (LBD 40) et les grenades assourdissantes. Un incident tragique a été cité, celui d’un lycéen à Lens, dont la main a été arrachée par une grenade le 5 octobre.
La Ligue des droits de l’homme, sur son compte Mastodon, a exigé l’interdiction de ces armes sublétales, qu’elle juge inadaptées pour le contrôle des foules. Les avocats ont annoncé qu’une plainte collective serait déposée dans les trois semaines à venir devant la Cour de Justice de la République, qui est la seule instance capable de juger les membres du gouvernement pour des actes délictueux ou criminels commis dans l’exercice de leurs fonctions. Cette cour est composée de quinze juges, incluant des députés, des sénateurs et des magistrats de la Cour de cassation.
Ce développement soulève des questions cruciales sur l’usage de la force par les autorités lors des manifestations et sur la responsabilité des hauts fonctionnaires dans les décisions qui peuvent mener à des blessures graves. La pression monte autour du ministre, alors que la société civile appelle à une réflexion approfondie sur les méthodes de maintien de l’ordre et la protection des droits des manifestants.