Le Club 55 : l’histoire d’un restaurant mythique né d’un tournage de film

Au cœur de la plage de Pampelonne à Ramatuelle, l’histoire du Club 55 commence dans les années 1950, à une époque où la Côte d’Azur n’était pas encore synonyme de glamour. Cinq kilomètres de sable, une nature sauvage et quelques cabanes en bois bordent une mer cristalline. C’est ici que la famille de Colmont, qui n’avait jamais tenu de restaurant, va voir sa vie basculer lors du tournage du film « Et Dieu… créa la femme », réalisé par Roger Vadim et mettant en vedette Brigitte Bardot.

EN BREF

  • Le Club 55 a été fondé par la famille de Colmont lors du tournage d’un film en 1956.
  • Le restaurant est devenu un lieu incontournable pour les célébrités et la jet-set.
  • Patrice de Colmont gère toujours l’établissement, qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 15 millions d’euros.

Lorsque l’équipe du film a besoin de repas pour nourrir environ 80 personnes, les Colmont acceptent, sans savoir qu’ils allaient donner naissance à l’un des restaurants les plus célèbres au monde. Geneviève de Colmont, la matriarche, se met à cuisiner sur un simple réchaud Campingaz, préparant des plats de ratatouille et grillant du poisson frais. Son mari, Bernard, sert les repas, tandis que leur fils Patrice, alors âgé de huit ans, joue sur la plage.

Le film sort en 1956, propulsant Brigitte Bardot au rang de star internationale. Saint-Tropez devient rapidement un lieu de rendez-vous pour la jet-set, et les clients affluent vers les cabanes des Colmont. Devant cette affluence, la famille réalise qu’elle doit régulariser son activité. C’est ainsi qu’ils choisissent le nom « Club 55 », en référence à l’année où tout a commencé.

Ce tournage a également donné naissance à une autre légende : lors de ce même film, un pâtissier du village a vu Bardot baptiser une brioche à la crème, qui deviendra célèbre sous le nom de tarte tropézienne. Les anecdotes continuent de se multiplier autour du Club 55, avec des célébrités telles que l’ancienne impératrice d’Iran, Soraya, qui aurait séjourné au club, et la princesse Grace de Monaco, qui aurait été exfiltrée discrètement pour échapper aux photographes.

Patrice de Colmont reprend les rênes de l’établissement en 1972, après le décès de sa mère. Il perpétue la philosophie du lieu : ici, le client n’est pas roi, mais ami. Plus de soixante-dix ans après sa création, le Club 55 reste une affaire familiale, avec un chiffre d’affaires d’environ 15 millions d’euros. En période estivale, le restaurant accueille jusqu’à 800 couverts par jour, uniquement pour le déjeuner.

La carte, fidèle à ses origines, propose toujours du poisson grillé, des crudités, du rosé de la presqu’île et, en dessert, la fameuse tarte tropézienne. Le restaurant, qui ouvre ses portes d’avril à début novembre, vient tout juste de fermer pour l’hiver. Son numéro de téléphone, un clin d’œil au tournage, reste le même depuis ses débuts : 04 94 55 55 55.

Le Club 55 est ainsi plus qu’un simple restaurant ; c’est un symbole d’une époque, un lieu où l’histoire du cinéma et de la gastronomie se rencontrent, et où chaque plat raconte une histoire, celle de la famille de Colmont et de leur rencontre inattendue avec le monde des stars.