Les Banques alimentaires face à l’augmentation des travailleurs pauvres en France

La 42e collecte annuelle des Banques alimentaires a débuté ce vendredi et se poursuivra jusqu’à ce dimanche 8 novembre. Cette opération, qui se déroule dans près de 9.000 points de collecte à travers le pays, vise à récolter l’équivalent de 20 millions de repas à distribuer à plus de 6.000 associations. Pour la première fois, cette collecte a été avancée de trois semaines pour éviter de se heurter au « Black Friday » et aux premiers achats de Noël.

EN BREF

  • La collecte des Banques alimentaires a lieu jusqu’au 8 novembre.
  • Près de 15% des bénéficiaires sont désormais des travailleurs pauvres.
  • Des produits alimentaires et d’hygiène sont particulièrement recherchés.

Jean-Louis Duprez, président de la Fédération française des Banques alimentaires (FFBA), a partagé ses observations sur l’ampleur de la solidarité observée dans les magasins. « Ce que j’ai vu et ce que m’ont dit les bénévoles m’a plutôt rassuré », a-t-il déclaré sur une radio. Selon lui, il est encourageant de constater que des personnes en difficulté continuent de donner, soulignant ainsi l’importance de la solidarité dans ces temps difficiles.

Des témoignages de donateurs illustrent cette réalité. Lisa, 24 ans et au chômage, a décidé de faire un don, expliquant : « Un jour, on peut se retrouver dans la même situation avec le contexte actuel. » Paulette, une retraitée de 84 ans, a également contribué, bien que cela implique de « serrer la vis » dans son budget. De son côté, Christophe, bénévole depuis huit ans, a remarqué une augmentation du nombre de donneurs, bien que les quantités soient souvent faibles.

Des bénéficiaires de plus en plus diversifiés

Jean-Louis Duprez a également évoqué une évolution préoccupante dans le profil des bénéficiaires. En 2019, 1,9 million de personnes bénéficiaient de l’aide alimentaire. Ce chiffre a grimpé à 2,4 millions en 2025, avec un afflux de travailleurs pauvres, en particulier des jeunes, qui n’étaient pas présents auparavant dans cette catégorie. « Depuis le Covid-19, nous avons 15% de travailleurs pauvres arrivés dans nos files d’attente », a-t-il souligné, ajoutant que l’inflation galopante contribue à cette situation.

Malgré une stagnation du nombre de bénéficiaires ces deux dernières années, Bernard Bonnes, vice-président de la FFBA, a noté que les personnes se présentent de plus en plus fréquemment à leurs associations pour obtenir de l’aide.

Des besoins diversifiés et des défis logistiques

Les Banques alimentaires sont en quête de divers types de produits pour répondre aux besoins de leurs bénéficiaires. Des denrées alimentaires sèches, telles que des pâtes et du riz, restent très demandées, mais il y a aussi un besoin croissant de plats préparés. « Bien souvent, les personnes n’ont pas d’installations chez elles, parfois elles n’ont pas de frigos », explique Duprez. En outre, des produits d’hygiène féminine et pour bébés, ainsi que des produits ménagers, sont également recherchés.

Alors que les financements publics et européens demeurent stables, la FFBA fait face à des défis financiers dus à la hausse des coûts, notamment le prix du carburant. Duprez a révélé que l’organisation dispose de 550 camions sur la route six jours sur sept, parcourant 5 millions de kilomètres par an, ce qui entraîne un surcoût de gazole d’un million d’euros depuis le début de l’année. Il a tenté de contacter un grand pétrolier français pour discuter d’un acte de solidarité, mais attend toujours une réponse.

La collecte auprès du grand public représente environ 9% de l’approvisionnement total des Banques alimentaires. Le reste provient de dons des grandes surfaces, de l’industrie agroalimentaire et des agriculteurs, soutenus par l’État et l’Union européenne. En plus des dons en supermarchés, il est également possible de contribuer directement via le site de la FFBA.

Dans un contexte économique difficile, la solidarité et la générosité des Français jouent un rôle crucial pour aider ceux qui en ont besoin. Les Banques alimentaires continuent de s’adapter à cette réalité, tout en faisant appel à la bonne volonté de chacun pour soutenir leurs actions essentielles.