Le verdict est tombé. Le 27 janvier, l’ancien sénateur Joël Guerriau a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois ferme, pour avoir drogué intentionnellement la députée Sandrine Josso dans le but de l’agresser sexuellement. En plus de sa peine de prison, il a également été condamné à cinq ans d’inéligibilité. Ce dernier a décidé de faire appel de sa condamnation.
EN BREF
- Joël Guerriau condamné pour avoir drogué Sandrine Josso.
- Sandrine Josso accuse Gérard Larcher de ne pas avoir agi.
- L’ancien sénateur a fait appel de sa condamnation.
Invitée à s’exprimer sur le plateau de l’émission Quotidien le 28 janvier, Sandrine Josso, députée MoDem de Loire-Atlantique, a révélé des informations troublantes concernant les réactions des autorités politiques face à cette affaire. Elle a particulièrement mis en cause Gérard Larcher, le président du Sénat, en l’accusant de ne pas avoir pris de mesures lorsque l’affaire a éclaté.
Selon Sandrine Josso, Gérard Larcher aurait eu l’opportunité de convoquer un comité de déontologie dès le début des événements. « Dès le départ, Monsieur le Président du Sénat avait la possibilité de convoquer un comité de déontologie. C’est dans le règlement intérieur du Sénat. Il ne l’a pas fait », a-t-elle déclaré sur le plateau de Yann Barthès.
Elle a également souligné que Larcher n’avait pas demandé d’enquête au sein du Sénat, malgré les allégations de Joël Guerriau concernant l’obtention de la drogue par l’intermédiaire d’un autre sénateur. « Ça interroge beaucoup », a ajouté Josso, faisant allusion à l’inaction du président du Sénat face au sérieux des accusations.
Sandrine Josso a exprimé son mécontentement quant à la gestion de cette affaire par Gérard Larcher, affirmant que ce dernier n’avait pris ses responsabilités que bien plus tard, et trop tard. « Monsieur Larcher a eu, au fur et à mesure des mois, une sorte de pression. Donc, enfin, il a décidé de convoquer un comité déontologique. Sauf que c’était en juin de l’année dernière. Et le sénateur, il préparait déjà sa sortie. Donc le comité de déontologie n’a pas pu se mettre en place », a-t-elle expliqué.
La députée a aussi révélé que Gérard Larcher ne lui avait « jamais écrit », ni tenté de la contacter. « Ça pose des questions sur sa responsabilité. Vraiment, j’aimerais qu’il s’explique et qu’il nous dise un jour sincèrement pourquoi. C’est inadmissible », a-t-elle insisté.
Pour rappel, Joël Guerriau a été reconnu coupable d’avoir glissé une dose de MDMA, largement supérieure au taux récréatif, dans un verre de champagne destiné à Sandrine Josso, lors d’un dîner dans son appartement de fonction à Paris, le 14 novembre 2023. Au moment de sa condamnation par le tribunal correctionnel de Paris, il a bénéficié d’un mandat de dépôt différé, sans exécution provisoire, ce qui signifie qu’il ne sera pas incarcéré dans l’attente de son procès en appel.
Cette affaire soulève des questions préoccupantes sur la responsabilité des acteurs politiques dans des situations aussi graves. Les révélations de Sandrine Josso mettent en lumière une dynamique de pouvoir et d’inaction qui mérite d’être examinée de près.