Deux jours après l’agression d’une professeure de 3e à Sanary-sur-Mer, l’élève à l’origine de l’incident a été mis en examen et placé en détention provisoire. Ce jeudi 5 février, le jeune homme de 14 ans, qui fêtera son quinzième anniversaire le mois prochain, a reconnu les faits ayant conduit à cette situation tragique.
EN BREF
- Un élève de 14 ans a poignardé son enseignante en classe, entraînant son incarcération.
- Le jeune a agi par vengeance après plusieurs incidents disciplinaires.
- La santé de l’enseignante reste préoccupante et son pronostic vital est réservé.
Le procureur de Toulon a rapporté que l’élève a immédiatement admis être l’auteur des blessures infligées à l’enseignante. Lors d’une pause en classe, il a utilisé un couteau Opinel de 12 centimètres pour porter quatre coups, dont trois au niveau de l’abdomen et un à l’avant-bras gauche. L’adolescent a révélé qu’il avait pris ce couteau chez lui avec l’intention de se venger, se sentant traité injustement par sa professeure d’arts plastiques qui avait signalé plusieurs incidents à son encontre.
Depuis le début de l’année scolaire, le logiciel de gestion de la vie scolaire, Pronote, a enregistré dix incidents impliquant cet élève. Parmi ceux-ci, la moitié proviennent de l’enseignante en question, et vont des simples oublis d’affaires personnelles à des comportements irrespectueux envers d’autres membres du personnel éducatif.
Des recherches effectuées par le collégien sur Internet concernant les risques judiciaires encourus par un mineur ayant agressé un enseignant ont été révélées durant l’enquête. Après l’agression, il a exprimé des sentiments de haine envers lui-même, remettant en question ses motivations et ses actions.
Le procureur a également souligné que l’état de santé de l’enseignante, qui travaille au collège La Guicharde depuis 28 ans, reste préoccupant. Les médecins sont réservés quant à son pronostic vital, ce qui accentue la gravité de la situation.
Le profil du jeune homme se dessine comme celui d’un adolescent passionné de jeux vidéo, qu’il dit pratiquer « pas plus d’une à deux heures par jour ». Il possède plusieurs armes blanches qu’il considère comme « stylées », et évolue dans un environnement familial difficile. Des mesures d’assistance éducative avaient été mises en place à la suite de signalements concernant des violences familiales, mais il n’a pas été lui-même directement impliqué dans ces incidents.
Les parents du collégien sont désemparés par la situation, décrivant leur fils comme habituellement calme et gentil. Son avocate, Margaux Albertini-Loiseau, a déclaré que son client se soucie avant tout de la santé de la victime, espérant qu’elle pourra surmonter cette épreuve. En tant que mineur de moins de 16 ans, il encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle s’il est jugé pour ces actes.
Les événements tragiques survenus à Sanary-sur-Mer soulèvent des questions inquiétantes sur la sécurité dans les établissements scolaires et l’impact des violences familiales sur les jeunes. Ce drame met également en lumière la nécessité d’une vigilance accrue et de mesures préventives pour éviter de telles tragédies à l’avenir.