Une mère réinvente la parentalité : 6 règles à conserver, 4 à rejeter

Dans un monde en constante évolution, de nombreux parents aspirent à élever leurs enfants différemment de la manière dont ils ont été élevés. Une mère de trois adultes, aujourd’hui trentenaires, a pris le temps de réfléchir à son propre parcours éducatif, hérité d’un père très travailleur et de parents peu enclins à aborder des sujets sensibles. Elle a ainsi conservé certaines de leurs règles tout en bousculant de nombreuses autres.

EN BREF

  • Cette mère a choisi de conserver six principes éducatifs appris dans son enfance.
  • Elle a également décidé de rejeter quatre règles jugées obsolètes ou inadaptées.
  • Son expérience reflète une tendance vers une parentalité plus ouverte et respectueuse.

Ce témoignage résonne avec de nombreuses familles françaises qui passent d’une éducation parfois rigide à une approche de parentalité positive, inspirée par des figures telles que Françoise Dolto, qui a défendu l’idée que « l’enfant est une personne ». Il existe un équilibre délicat entre la peur de la surprotection et le refus des violences éducatives. Cette mère a ainsi identifié six principes qu’elle appliquerait de nouveau et quatre autres qu’elle a délibérément inversés par rapport à son enfance.

Des valeurs héritées

Le premier pilier de son éducation concerne l’argent. Enfant, elle devait épargner la moitié de tout ce qu’elle gagnait ou recevait. Cette règle a été transmise à ses propres enfants, qui ont ainsi appris à gérer leurs finances dès leur plus jeune âge. Par exemple, sa benjamine a pu économiser suffisamment pour financer ses manuels scolaires pendant ses études.

Un autre héritage familial important est l’importance des dîners de famille quotidiens. Ces moments privilégiés permettent d’échanger sur la journée, les soucis et les projets, sans écrans autour de la table. Cette mère a également repris l’idée selon laquelle les tâches ménagères ne devraient pas être rémunérées. Sa mère lui répétait : « Tu vis ici, tu contribues ici », et elle a perpétué cette notion dans son foyer.

La lecture avant l’utilisation des écrans et le respect des adultes sont d’autres valeurs qu’elle a gardées. Néanmoins, elle a également appris à laisser ses enfants exprimer leurs questionnements sur les décisions prises. Enfin, à l’instar de son père, qui cumulait plusieurs emplois, elle a encouragé ses enfants à découvrir la valeur du travail à travers des petits boulots.

Ruptures avec le passé

La première rupture avec le modèle éducatif de ses parents touche à la gestion de l’échec. Contrairement à ses propres parents, qui intervenaient à la moindre difficulté, elle adopte une approche différente. Elle laisse ses enfants faire face aux conséquences de leurs erreurs, que ce soit un contrôle raté ou un devoir oublié, pour qu’ils intègrent la leçon en douceur.

Un autre sujet tabou qu’elle a choisi d’aborder est celui de la sexualité, de la drogue ou de la santé mentale. Alors que ses parents avaient totalement évité ces thèmes, elle a décidé d’en discuter avec ses enfants dès leur jeune âge, sans dramatiser, pour leur permettre de demander de l’aide si nécessaire.

De plus, elle a abandonné l’idée d’imposer un parcours tout tracé, soutenant ainsi son fils artiste et sa fille en année de césure. Avec le recul, elle regrette d’avoir trop travaillé dans sa jeunesse, car ses enfants ne se souviennent pas des jouets qu’elle leur a offerts, mais des spectacles auxquels elle a manqué.

Ces réflexions sur l’éducation trouvent écho chez d’autres parents. Caroline Margeridon, antiquaire et mère solo, avoue avoir « pourri » ses enfants tout en établissant un lien très fusionnel avec eux. Dans un podcast, elle confie avoir parfois craint de les étouffer, illustrant ainsi le dilemme auquel de nombreux parents font face.

Pour cette mère, tout comme pour Caroline Margeridon, l’éducation ne ressemble pas à une science exacte, mais à un ajustement permanent, un équilibre délicat entre transmission de valeurs et adaptation aux besoins des enfants.