Élisabeth Borne évoque son enfance marquée par le suicide de son père

Lors d’une récente apparition dans l’émission « Mesdames », Élisabeth Borne, ancienne Première ministre, a partagé des souvenirs poignants de son enfance, marquée par un drame familial. À l’âge de 11 ans, elle perd son père, Joseph Borne, rescapé des camps de la mort, qui met fin à ses jours. Un événement tragique qui a profondément influencé son parcours et sa vision de la vie.

EN BREF

  • Élisabeth Borne a perdu son père à 11 ans, un événement traumatisant.
  • Les mathématiques lui ont servi de refuge durant son enfance difficile.
  • Elle évoque son combat personnel et son parcours vers l’excellence.

Élisabeth Borne, dont le parcours impressionnant pourrait faire croire à un destin tout tracé, a connu des épreuves familiales majeures. En 1972, alors qu’elle n’a que 11 ans, son père Joseph, ancien résistant, se suicide. Sa mère se retrouve seule avec deux filles à élever, confrontée à une réalité difficile. Ce drame, sur lequel Élisabeth Borne s’exprime rarement, a laissé une empreinte indélébile sur sa vie.

Dans son livre « Vingt mois à Matignon », paru en 2024, elle évoque la vision du monde qu’elle a développée à la suite de cette perte. « J’ai accepté comme un fait d’évidence que l’existence est un combat », écrit-elle avec une lucidité impressionnante. Dans l’émission, elle a confirmé cette idée : « Pour moi, c’est un combat. Les choses ne viennent pas toutes seules, il faut aller les chercher. » Cette détermination à avancer, elle la doit en partie à son amour pour les mathématiques, qu’elle décrit comme un refuge.

Élisabeth Borne : vie privée, carrière, famille… Ce qu’il faut connaître

Pour Élisabeth Borne, les mathématiques représentent un univers de certitudes. « Tous les jours, quoi qu’il arrive, deux et deux font quatre. Ça rassure, ça repose un cadre dans une vie personnelle complètement déstructurée », se souvient-elle. C’est dans ce monde rationnel qu’elle puise la force de surmonter les épreuves qui jalonnent son enfance.

La disparition de son père, Joseph Borne, est indissociable de l’histoire tragique de sa famille. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il a vécu des horreurs inimaginables. Arrêté par la Gestapo en 1943, il a été déporté à Auschwitz, puis transféré à Buchenwald. Sur 1 250 déportés, seuls six reviennent. Ce passé traumatique l’a marqué et l’a conduit à une souffrance silencieuse, qui a finalement eu raison de lui.

Élisabeth Borne

Ce suicide, survenu alors qu’il n’avait que 49 ans, a laissé Élisabeth Borne et sa famille dévastées. « Certains ont réussi à garder le goût de l’espérance et la foi dans la vie. D’autres non », confie-t-elle, illustrant la profondeur de son chagrin. Face à cette perte, elle s’est accrochée à ses études, déterminée à ne pas laisser cette tragédie définir son avenir.

Élisabeth Borne incarne ainsi une force tranquille, façonnée par un combat intérieur incessant. Les épreuves qu’elle a traversées ont contribué à forger la femme politique que la France a connue plus tard. Sa résilience et sa détermination sont des exemples inspirants pour toutes celles et ceux qui se battent contre l’adversité.

Élisabeth Borne

En partageant son histoire, Élisabeth Borne offre un éclairage puissant sur les conséquences des traumatismes familiaux. Son parcours illustre que même dans les moments les plus sombres, il est possible de trouver la force de se relever et de tracer sa propre voie.