Gabriel Attal et Emmanuel Macron : tensions croissantes au sein de l’exécutif

Depuis plus de deux ans, Emmanuel Macron et Gabriel Attal, longtemps perçus comme des alliés, se trouvent au cœur d’une crise politique et personnelle marquée par des tensions croissantes. Leurs relations auraient commencé à se détériorer dès la nomination de Gabriel Attal à Matignon, et cette situation ne cesse de s’aggraver.

EN BREF

  • Les tensions entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal sont apparues dès 2021.
  • Louis Hausalter évoque une guerre larvée entre les deux hommes, bien plus complexe qu’elle n’en a l’air.
  • Gabriel Attal, désormais secrétaire général de Renaissance, se positionne pour 2027.

Ce climat de discorde est révélé par Louis Hausalter, journaliste au Figaro et auteur de l’ouvrage *La foudre et les cendres – Macron, les secrets d’une succession interdite*. Interrogé sur Sud Radio, il a exposé le caractère conflictuel de leur relation, indiquant que la rupture était perceptible dès les premiers jours de la prise de fonction d’Attal. « Ça part en vrille dès les premiers jours. Emmanuel Macron le nomme en pensant que c’est un coup politique », a-t-il affirmé.

Au départ, Emmanuel Macron espérait insuffler une nouvelle dynamique à son mandat grâce à l’énergie et aux compétences de communication de son nouveau Premier ministre. Cependant, ce scénario a rapidement tourné au vinaigre. Le président de la République a commencé à s’agacer de l’ascendant médiatique de Gabriel Attal, qu’il accusait de « ne pas suivre à la lettre ses consignes ». Ce sentiment de rivalité s’est intensifié lorsque Gabriel Attal a montré un manque d’implication dans la campagne des élections européennes, ce qui a fini par exaspérer Emmanuel Macron. Hausalter a même comparé cette rivalité à celle d’une télé-réalité, soulignant la jalousie qui s’est installée entre les deux hommes.

Pendant un certain temps, Gabriel Attal a réussi à maintenir une image positive et rassurante, souvent qualifié de « petit prince » du macronisme et présenté comme l’héritier évident pour 2027. Cependant, cette perception est remise en cause par Louis Hausalter, qui affirme que Gabriel Attal n’a pas été nommé à la tête de Renaissance par Emmanuel Macron, mais qu’il s’est approprié le parti et les ressources qui l’accompagnent.

Depuis sa nomination comme secrétaire général de Renaissance en décembre 2024, Gabriel Attal a clairement affiché ses ambitions. Son objectif semble être de transformer le parti d’Emmanuel Macron en sa propre « écurie présidentielle » en vue de l’élection de 2027. En revanche, les enjeux des élections municipales de 2026 semblent à peine figurer dans ses préoccupations, ce qui pourrait indiquer une volonté de se concentrer sur des ambitions plus larges.

Récemment, l’idée de rebaptiser le parti, avec le nom envisagé de Nouvelle République, a suscité de vives réactions, rappelant le groupe de presse du Centre de la famille Saint-Cricq. Par ailleurs, lors de la démission de Sébastien Lecornu, Gabriel Attal a acté sa rupture avec Emmanuel Macron en déclarant sur TF1 qu’il « ne comprend plus ses décisions », révélant ainsi l’ampleur de la fracture entre les deux hommes.

Dans un paysage politique de plus en plus fragmenté, la stratégie de Gabriel Attal pourrait porter ses fruits. Les enjeux locaux des élections municipales permettent en effet une certaine liberté d’action, éloignant les ambitions personnelles des préoccupations nationales. Ainsi, derrière les sourires de façade et les apparences d’unité, la fracture entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal semble bien plus profonde et durable, une brouille qui pourrait peser lourd dans la bataille pour l’après-Macron.