Ce samedi 7 février, Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) après des révélations embarrassantes concernant ses liens avec Jeffrey Epstein. À 86 ans, l’ancien ministre de la Culture a dû céder son poste qu’il occupait depuis treize ans, une décision qu’il a mal vécue, en particulier en raison du silence de l’actuel président de la République, Emmanuel Macron.
EN BREF
- Jack Lang démissionne de l’IMA après des révélations sur Jeffrey Epstein.
- Emmanuel Macron s’est distancé, provoquant un sentiment d’abandon chez Lang.
- Jean-Yves Le Drian pourrait être pressenti pour le remplacer à l’IMA.
La démission de Jack Lang est survenue dans un contexte de crise médiatique intense. Accusé d’avoir des relations douteuses avec Epstein, un financier américain tristement célèbre, Lang a fait face à une pression croissante. La situation est d’autant plus délicate pour lui, car l’ancien ministre n’a pas reçu le soutien escompté de la part d’Emmanuel Macron. Ce dernier a choisi de répondre avec prudence lors d’une intervention publique, déclarant : « Il a pris sa décision, il l’a fait valoir en conscience, nous avons pris acte de celle-ci et voilà. » Cette neutralité apparente a été interprétée par les proches de Lang comme un véritable abandon en pleine tourmente.
Un proche de Jack Lang a exprimé son indignation, révélant à Libération que l’ancien ministre « l’a très mal vécu » et a été « lâché par Macron ». Selon cette source, le président aurait été conseillé par son entourage, désireux de voir Lang quitter la scène politique en raison de son caractère parfois difficile à gérer. Pour Macron, dont la dernière année de mandat requiert une équipe bien en place, il semble que l’ancien ministre ne soit plus en phase avec ses attentes.
Une démission marquée par l’humiliation
Dans sa lettre de démission, Lang a souligné son intégrité, affirmant : « Je n’accepterai jamais que l’IMA soit entaché par la calomnie. » La pression s’est intensifiée après une convocation du ministère des Affaires Étrangères, où il a été incité à envisager le bien de l’institution. Cette réunion, organisée un dimanche, a été perçue comme une humiliation pour cet ancien ministre d’État, dont le parcours est jalonné de réussites.
Macron, pour sa part, a préféré axer son discours sur les victimes de l’affaire Epstein, déclarant que « la vérité doit être élucidée, et donc la justice doit faire son travail ». Par ailleurs, une enquête a été ouverte par le Parquet national financier concernant des accusations de blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille, Caroline. Cette dernière a également choisi de démissionner de ses fonctions de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante, trois semaines seulement après sa prise de poste, à la suite des révélations concernant la création d’une société offshore avec Epstein.
Un avenir incertain pour l’Institut du monde arabe
La démission de Jack Lang soulève des interrogations sur la direction future de l’Institut du monde arabe. Plusieurs médias évoquent l’intérêt de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre des Affaires Étrangères, pour ce poste. Sa nomination pourrait permettre à Macron de se rapprocher d’une figure politique respectée et de redynamiser l’IMA après une période tumultueuse. La question de la succession de Lang reste donc ouverte, et le regard des observateurs se tourne désormais vers l’Élysée et les choix qui seront faits dans les semaines à venir.
Cette situation témoigne des défis auxquels font face les personnalités politiques dans un climat médiatique et judiciaire de plus en plus exigeant. Jack Lang, figure emblématique de la culture française, se retrouve au cœur d’une tempête qui remet en question non seulement son avenir, mais également celui de l’institution qu’il a dirigée avec passion et dévouement durant plus d’une décennie.