Stefan Mandel, économiste roumain, a réussi l’exploit de remporter quatorze jackpots dans divers pays au cours de sa vie. Son parcours, qui semble tout droit sorti d’un film, repose sur une approche mathématique rigoureuse plutôt que sur une simple chance. Entre les années 1960 et 1990, il a su transformer la loterie en un véritable enjeu financier, exploitant des failles dans le système pour maximiser ses gains.
EN BREF
- Stefan Mandel a gagné 14 fois au Loto entre 1960 et 1990.
- Il utilise une méthode mathématique pour maximiser ses chances de gagner.
- Ses stratégies ont conduit à des changements dans les règles des loteries.
Dans un contexte de Roumanie communiste, où l’économie était sous contrôle strict, Mandel a cherché un moyen de s’élever au-dessus de sa condition. Passionné par les mathématiques, il a développé une technique qu’il nomme « condensation combinatoire ». Cette approche consiste à analyser les probabilités et à réduire le nombre de combinaisons à jouer, tout en augmentant les chances de décrocher le jackpot. Il résume sa philosophie en ces termes : « Je suis un mathématicien du week-end, un comptable sans trop d’éducation, mais les mathématiques correctement appliquées peuvent garantir une fortune », a-t-il déclaré dans une interview au média américain The Hustle.
La probabilité de gagner au Loto, avec un tirage de six numéros parmi 49, est de 1 sur 13 983 816. En choisissant 15 numéros, Mandel parvient à générer 5 005 combinaisons possibles, qu’il optimise ensuite pour ne jouer que 569 grilles. Avec l’aide de quatre amis, il investit dans des centaines de tickets et remporte un jackpot de 72 783 lei, soit environ 2 000 dollars, lui permettant de quitter la Roumanie pour de nouveaux horizons.
Installé en Australie, Mandel élargit son champ d’action. Il se concentre sur des loteries où le jackpot dépasse trois fois le coût de toutes les grilles possibles. Par exemple, pour un jeu qui nécessite six numéros sur 40, Mandel calcule que le nombre de combinaisons est de 3 838 380. Si chaque ticket coûte 1 euro, il lui faut investir environ 3,84 millions d’euros, mais un jackpot de 10 millions d’euros laisse une marge bénéficiaire significative avant taxes et autres frais.
Pour réaliser son projet, il fonde l’International Lotto Fund, un syndicat de joueurs financé par des milliers d’investisseurs. Des ordinateurs génèrent automatiquement toutes les combinaisons nécessaires, tandis qu’une équipe de comptables et de coursiers se charge de faire valider les tickets dans les points de vente avant chaque tirage.
En 1992, en Virginie, Mandel met en œuvre son plan sur un tirage de six numéros parmi 44, qui compte 7 059 052 combinaisons. Les équipes de Mandel font valider environ 6,4 millions de grilles et remportent au final un jackpot de 27 036 142 dollars, soit environ 24,8 millions d’euros. À la suite de ce succès, les règles des loteries deviennent plus strictes pour éviter que des cas similaires ne se reproduisent.
En France, le Loto de la Française des Jeux présente 19 068 840 combinaisons. À 2,20 euros la grille, il faudrait investir plus de 41 millions d’euros pour couvrir toutes les possibilités, un montant largement supérieur à celui des jackpots. Cela rend toute tentative de reproduction de la méthode de Mandel extrêmement difficile sur le territoire français.
Stefan Mandel n’est pas seulement une légende du Loto, mais aussi un exemple de l’application des mathématiques à des situations de la vie réelle. Son histoire soulève des questions sur la chance, la stratégie et la manière dont les systèmes de jeux peuvent être exploités. Un parcours fascinant qui continue de captiver l’imagination des passionnés de jeux de hasard.