La démence, une maladie qui touche près de 55 millions de personnes à travers le globe, suscite de nombreuses préoccupations, tant au niveau individuel que collectif. Encore incurable, cette affection se manifeste par des troubles de la mémoire, des changements d’humeur et une altération de la perception du temps. En France, les prévisions sont alarmantes : le nombre de personnes atteintes pourrait passer de 1,4 million en 2025 à 2,3 millions d’ici 2050, comme l’indique un rapport récent de l’association Alzheimer Europe.
EN BREF
- 55 millions de personnes souffrent de démence dans le monde.
- Une étude révèle que 33,18 % des cas sont liés à des maladies périphériques.
- Le traitement précoce de ces maladies pourrait réduire le risque de démence.
Cette augmentation du nombre de cas est liée au vieillissement de la population et à l’allongement de l’espérance de vie, qui atteint 81,4 ans en Europe. L’âge demeure le principal facteur de risque. Cependant, une étude publiée le 20 janvier dans la revue scientifique Nature Human Behaviour a découvert un lien intéressant entre la démence et certaines maladies périphériques, c’est-à-dire celles qui n’affectent pas directement le cerveau.
Des chercheurs de l’université Sun Yat-sen ont entrepris une revue systématique et des méta-analyses portant sur 202 études antérieures. Le but de leur recherche était d’évaluer la relation entre 26 maladies périphériques touchant neuf systèmes corporels et le risque de démence. Ces maladies incluent notamment les maladies parodontales, les affections hépatiques, la perte auditive, le diabète de type 2, les maladies rénales et l’arthrose.
Les résultats sont révélateurs : 16 des 26 maladies étudiées sont associées à un risque accru de démence, représentant collectivement 33,18 % du fardeau mondial de la maladie, soit environ 18,8 millions de cas. Parmi ces maladies, les cinq principales sont à retenir, bien que les résultats ne prouvent pas de lien de causalité direct entre elles et le développement de la démence.
Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies de prévention. Elles suggèrent qu’en traitant de manière précoce ces maladies périphériques, il serait possible de diminuer le risque de démence. Évidemment, cela vient s’ajouter aux facteurs de risque déjà connus, tels que la sédentarité, l’isolement social et la dépression.
En conclusion, cette étude met en lumière l’importance d’une approche holistique en matière de santé, soulignant que la santé physique et mentale sont intrinsèquement liées. Pour lutter contre la démence, il pourrait être crucial d’adopter des mesures préventives qui tiennent compte de l’ensemble des maladies périphériques. Cela pourrait s’avérer être une voie prometteuse pour réduire le fardeau de cette maladie dévastatrice.