Sauter un repas : conséquences sur la santé et la gestion du poids

Dans un monde où les rythmes de vie s’accélèrent, la question de sauter un repas devient de plus en plus fréquente. Que se passe-t-il pour notre corps lorsque nous décidons de ne pas manger alors que nous avons faim ? Les conséquences sur la santé et la régulation du poids sont préoccupantes, comme l’explique le Dr Jean-Philippe Zermati, nutritionniste et fondateur du G.R.O.S (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids).

EN BREF

  • Sauter un repas peut entraîner des comportements alimentaires compulsifs.
  • Avoir faim avant de manger est essentiel pour éviter de grignoter.
  • Les besoins nutritionnels varient d’une personne à l’autre, sans règles strictes sur le nombre de repas.

Selon le Dr Zermati, sauter un repas alors que l’on éprouve de la faim peut entraîner des effets indésirables sur notre alimentation. En effet, il est courant que la personne compense lors du repas suivant, en consommant une quantité plus importante que nécessaire. Cela peut également favoriser des comportements alimentaires désordonnés.

« Au repas suivant, vous risquez de compenser par une prise alimentaire plus importante. Affamé(e), vous allez manger plus vite et ne pas détecter votre satiété », met en garde le spécialiste. Cette situation peut créer un cercle vicieux, où le simple fait de ne pas manger à l’heure peut mener à des compulsions alimentaires.

Traditionnellement, le petit déjeuner a longtemps été considéré comme le repas le plus important de la journée. Toutefois, le lien entre l’absence de ce repas et l’obésité chez les jeunes enfants n’a jamais été clairement établi. « Une autre hypothèse serait que les personnes qui sautent le petit déjeuner luttent contre un manque d’appétit le matin parce qu’elles mangent trop le soir », précise le Dr Zermati.

Dans ce contexte, il peut être bénéfique de décaler le petit déjeuner à un moment où l’on ressent véritablement la faim. « Si vous n’avez pas faim, il est inutile de manger. Tout repas pris sans faim s’assimile à du grignotage », explique le médecin. Attendre que la faim se manifeste naturellement est un comportement à encourager.

Il est vrai que, dans notre société moderne, il est parfois difficile de se soustraire aux obligations sociales, comme un repas d’affaires. Dans ces cas, le Dr Zermati suggère de choisir des plats légers ou de laisser une partie de son assiette intacte, afin de respecter son appétit naturel.

Il est également important de souligner que sauter un repas dans le but de perdre du poids est souvent contre-productif. « Si sauter un repas est pour vous le moyen de faire un régime, celui-ci ne peut qu’échouer », avertit le Dr Zermati. Affamer son corps ne fait qu’accroître le déséquilibre alimentaire.

À cet égard, le Dr Zermati affirme que la faim est un bon indicateur : « Sachez que vous ne risquez rien, aucun aliment ne peut vous faire grossir. Même du fromage ou du chocolat. Votre faim vous protège de grossir. » Au lieu de se priver, il est préférable d’opter pour une alimentation saine et variée, intégrant des aliments qui favorisent la perte de poids.

Pour conclure, il est essentiel de reconnaître que chaque individu a des besoins nutritionnels uniques. « Il est donc possible de maigrir en prenant deux, trois ou quatre repas par jour », explique le Dr Zermati. Les pratiques alimentaires doivent être adaptées aux besoins de chacun, sans se conformer à des normes rigides.

En définitive, la clé réside dans l’écoute de son corps et la gestion de son appétit, plutôt que dans des règles strictes sur le nombre de repas quotidiens.