La vie de Sonia a été bouleversée depuis le tragique 13 novembre 2015. Cette mère de deux enfants, devenue l’une des figures emblématiques de cette nuit tragique, a dû changer d’identité pour sa sécurité après avoir dénoncé l’un des membres du commando terroriste. Aujourd’hui, elle doit faire face à des complications pour accéder aux plus de 460 000 euros récoltés en sa faveur.
EN BREF
- Sonia ne peut pas toucher la cagnotte de 460 000 euros pour des raisons administratives.
- Elle vit sous un statut de témoin protégé, ce qui complique l’accès aux fonds.
- Des problèmes fiscaux aggravent la situation, limitant potentiellement l’argent qu’elle pourrait recevoir.
En décembre 2025, un élan de solidarité a vu le jour grâce à Arthur Dénouveaux, président de l’association de victimes Life for Paris, qui a lancé une cagnotte en ligne pour soutenir Sonia, alors dans une situation financière précaire. Les dons ont rapidement afflué, atteignant un montant impressionnant. Cependant, cette générosité se heurte à des obstacles administratifs inattendus.
En effet, Sonia bénéficie du dispositif mis en place par la commission des repentis, une structure créée en 2014 pour protéger les « collaborateurs de justice » qui, comme elle, mettent leur vie en danger pour aider les autorités. Ce dispositif lui assure une pension mensuelle d’environ 1 500 euros, mais l’administration semble réticente à lui fournir le Relevé d’Identité Bancaire (RIB) nécessaire pour recevoir les dons. Arthur Dénouveaux a exprimé son mécontentement sur RTL, soulignant que l’administration envoie un message déconcertant à Sonia.
La situation est d’autant plus complexe qu’un virement de cette ampleur pourrait compromettre la sécurité de Sonia. En effet, toute trace administrative pouvant remonter jusqu’à elle doit être soigneusement évitée. Si l’argent était versé directement sur un compte, cela pourrait révéler des informations sensibles, c’est pourquoi les autorités cherchent une solution sécurisée pour qu’elle puisse bénéficier d’une partie de la cagnotte sans compromettre sa protection.
Après dix ans de vie dans l’ombre, Sonia espérait enfin pouvoir reconstruire sa vie grâce à cette cagnotte. Cependant, un autre problème se présente : la fiscalité. Actuellement, aucune disposition légale n’exclut les dons destinés aux victimes du terrorisme ou aux collaborateurs de justice de l’impôt. Bien qu’une jurisprudence existe pour les cagnottes en ligne, elle peut entraîner une taxation pouvant atteindre 60 % pour les dons provenant de personnes extérieures à la famille.
Si cette taxation était appliquée, Sonia pourrait ne recevoir que 184 000 euros sur les 460 000 euros récoltés, une perspective qui indigne et choque ses soutiens. Ainsi, cette mère de famille se trouve dans une situation paradoxale : portée par un élan de solidarité sans précédent, elle est pourtant empêchée d’en bénéficier pleinement en raison de considérations administratives et fiscales.
Alors que le processus de soutien devrait être une source d’espoir, il s’avère être une nouvelle épreuve pour Sonia, qui continue de se battre pour sa sécurité et sa dignité.