Le 11 février 2026, une affaire d’enlèvement a secoué Grenoble, mettant en lumière un phénomène inquiétant : la montée des demandes de rançons en cryptomonnaies. Six suspects, dont un mineur, ont été mis en examen à Paris, accusés d’avoir participé au rapt d’une magistrate et de sa mère. Cinq des suspects ont été placés en détention provisoire, tandis qu’une jeune femme a été relâchée sous contrôle judiciaire.
EN BREF
- Six suspects ont été mis en examen pour l’enlèvement d’une magistrate grenobloise.
- Les victimes ont été retrouvées après avoir réussi à s’échapper de leurs ravisseurs.
- Les enlèvements liés aux cryptomonnaies se multiplient en France depuis début 2025.
Lors de l’audience devant le juge des libertés et de la détention, la jeune femme mise en cause a affiché un sourire timide, tandis qu’un des jeunes hommes présentait une posture de désespoir, la tête entre les mains. Ces individus avaient été interpellés le week-end précédent, dont deux en Savoie alors qu’ils tentaient de fuir vers l’Espagne.
Les deux victimes, âgées de 35 et 67 ans, avaient été retrouvées blessées dans un garage à Bourg-lès-Valence, après avoir été séquestrées pendant plus de trente heures. Elles ont pu s’échapper en profitant d’un moment d’inattention des ravisseurs, en appelant à l’aide avec des coups portés contre la porte. Un voisin alerté a pu intervenir et libérer les victimes.
Le rapt de la magistrate, survenu dans la nuit de jeudi, à son domicile de Saint-Martin-le-Vinoux, a été signalé par son compagnon, absent au moment des faits. Celui-ci a reçu un message des ravisseurs, menaçant de mutiler les victimes si la rançon en cryptomonnaies n’était pas versée. Le montant de cette rançon n’a pas été divulgué, mais il a été précisé qu’aucun paiement n’avait été effectué.
En raison de la gravité des faits, le parquet national anticriminalité organisée (PNACO) a pris en charge l’affaire. Bien que l’enquête soit encore en cours, aucune preuve n’a pour l’instant établi un lien entre le métier des victimes et les motivations des ravisseurs.
Les suspects sont accusés d’avoir commis des actes de « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d’otage » en bande organisée, ainsi que d’association de malfaiteurs criminelle. Le procureur a souligné que ces investigations pourraient permettre d’établir d’éventuels liens avec d’autres affaires d’extorsion de cryptoactifs dont s’est récemment saisi le PNACO.
Des faits similaires ont été rapportés à Dompierre-sur-Mer, La Chapelle-Saint-Aubin, Saint-Léger-sous-Cholet, Sallanches, Puteaux, Verneuil et Challes-les-Eaux entre novembre 2025 et janvier 2026. Les enlèvements contre rançon ou les vols de cryptomonnaies se sont multipliés en France, en parallèle de la popularité croissante de ces actifs numériques.
Cette série inquiétante d’enlèvements a débuté en janvier 2025 avec le rapt d’un des cofondateurs de Ledger, une start-up spécialisée dans les portefeuilles de cryptomonnaies. Ce dernier, dont un doigt a été sectionné par ses ravisseurs, a été libéré grâce à l’intervention du GIGN, tandis que sa compagne avait été retrouvée ligotée dans un véhicule. D’autres affaires similaires ont suivi, comme l’enlèvement du père d’un homme ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, qui a également été victime de mutilation.
Face à cette escalade des violences liées aux cryptomonnaies, les autorités judiciaires se mobilisent pour endiguer ce phénomène inquiétant. Les investigations se poursuivent afin de démanteler ces réseaux criminels et d’assurer la sécurité des citoyens.