Fabrice Aidan, diplomate français, dément les accusations liées à Epstein

Le scandale Epstein continue d’ébranler le monde diplomatique français. Fabrice Aidan, un diplomate ayant été cité à plusieurs reprises dans les dossiers entourant le financier américain Jeffrey Epstein, a formellement démenti les accusations qui pèsent sur lui. Dans un communiqué diffusé le mercredi 11 janvier 2023, son avocate, Me Jade Dousselin, a qualifié ces allégations de « totalement et purement fausses » et a affirmé qu’il n’avait jamais consulté de sites à caractère pédopornographique.

EN BREF

  • Fabrice Aidan dément les accusations de consultation de sites pédopornographiques.
  • Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exprime son indignation.
  • Aidan a été suspendu par le groupe Engie, où il exerçait récemment.

Fabrice Aidan, ex-détaché aux Nations Unies à New York, fait l’objet d’une enquête américaine qui a été ouverte en 2013 par le FBI. Ce dernier avait alerté l’ONU sur des activités suspectes. Dans le communiqué, son avocate a précisé que « le FBI a déjà enquêté sans qu’aucune poursuite n’ait jamais été engagée », ajoutant que les investigations menées en France ont abouti à la même conclusion.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé son indignation face à cette affaire, déclarant avoir été « effaré » à la découverte de ces informations. Dans une interview accordée à RTL, il a indiqué avoir immédiatement signalé les faits à la justice et lancé une enquête administrative ainsi qu’une procédure disciplinaire. Barrot a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas laisser entendre que cette affaire pourrait ternir l’image des agents du ministère des Affaires étrangères.

En ce qui concerne Aidan, il était dernièrement employé par le groupe énergétique Engie, qui a annoncé sa suspension peu après que les accusations ont émergé. Les documents consultés par l’AFP montrent qu’il apparaît à plus de 200 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein, les premiers remontant à 2010, alors qu’il travaillait aux Nations Unies.

Il est important de noter que la simple mention d’un individu dans les dossiers Epstein ne signifie pas nécessairement qu’il ait commis des actes répréhensibles. Toutefois, les documents publiés révèlent des liens notables entre Epstein et Aidan. De plus, Terje Rød-Larsen, un diplomate norvégien qui a collaboré avec Aidan, est sous enquête en Norvège pour corruption aggravée, ce qui ajoute une couche de complexité à cette affaire.

Un élément marquant de ces communications est un courriel de 2016 dans lequel Epstein envoie à Aidan et Rød-Larsen un lien vers un article de blog évoquant un « scandale de pédophilie étouffé par le Quai d’Orsay ». Cet article fait référence à des allégations d’enquête du FBI concernant un diplomate français, sans toutefois le nommer. Gérard Araud, ancien représentant permanent de la France aux Nations Unies, a confirmé avoir été informé des soupçons pesant sur Aidan à l’époque, ce qui a conduit à son renvoi en France pour être traité à la fois sur le plan légal et psychologique.

Il est à noter que, selon Mediapart, aucun chef d’accusation n’ayant été retenu par la justice américaine à l’époque, aucune sanction n’avait été envisagée en France. Les récents échanges dans les fichiers Epstein évoquent également des transactions financières impliquant Aidan, notamment un virement de 250 000 dollars lié à un projet commun avec Rød-Larsen, ce qui soulève des questions sur la nature de leur collaboration.

Les témoignages de certains diplomates ayant côtoyé Aidan font état d’un comportement jugé « étrange et intrusif ». Une source a décrit Aidan comme une personne « très insistante », qui tentait de se frayer un chemin dans certains cercles diplomatiques, se prévalant de relations qu’il n’avait pas réellement.

Cette affaire, qui continue de se développer, soulève des interrogations cruciales sur l’intégrité des institutions et des individus impliqués. Le ministère des Affaires étrangères français semble déterminé à faire la lumière sur cette situation, tout en affirmant la nécessité de protéger l’image de ses agents.