Le Parlement européen vote pour un meilleur accès à l’IVG en Europe

Le 17 décembre 2023, le Parlement européen a adopté une résolution marquante visant à faciliter l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pour les femmes à travers le continent. Ce texte, qui s’inscrit dans un contexte où l’accès à l’IVG varie considérablement d’un État à l’autre, pourrait transformer la vie de millions de femmes en Europe.

EN BREF

  • Le Parlement européen exhorte à un accès facilité à l’IVG dans l’UE.
  • Un mécanisme de soutien pour les femmes n’ayant pas accès à des avortements sûrs sera mis en place.
  • La résolution a été adoptée sur fond de divergences politiques importantes.

Environ vingt millions de femmes en Europe vivent dans un contexte où l’accès à l’IVG reste complexe, voire dangereux. La résolution adoptée par le Parlement européen appelle la Commission européenne à intervenir pour garantir un accès à des avortements « sûrs » et légaux. Actuellement, des pays comme Malte interdisent l’avortement, tandis que la Pologne impose des conditions très strictes, ne permettant l’IVG que dans des cas de viol ou d’inceste.

En Italie, la situation est tout aussi préoccupante, avec une majorité de gynécologues refusant de pratiquer des avortements en raison de l’objection de conscience. À Monaco, bien que l’avortement soit décriminalisé, il reste illégal, ajoutant à la confusion et aux obstacles rencontrés par les femmes cherchant à exercer leur droit à disposer de leur corps.

Ce texte législatif se veut une réponse à une situation alarmante. Il propose la mise en place d’un mécanisme permettant aux femmes résidant dans des pays où l’accès à l’IVG est restreint de se déplacer vers d’autres États membres où l’IVG est autorisée. Par exemple, une femme polonaise pourrait se rendre en Allemagne ou en République tchèque pour obtenir les soins nécessaires. Les frais de déplacement et de soins seraient couverts par un fonds alimenté par l’Union européenne et les États membres sur une base volontaire.

Cette initiative fait écho à une pétition ayant recueilli plus d’un million de signatures, soutenue par le collectif « Ma voix, mon choix ». Le vote du Parlement européen représente un moment clé dans la lutte pour les droits reproductifs, cependant, il est important de noter que la résolution doit encore être traduite en loi par la Commission européenne. Celle-ci s’est engagée à examiner cette proposition avant mars 2026, mais il n’y a aucune obligation de la transformer en acte juridique.

Sur le plan politique, le débat autour de cette résolution révèle des fractures profondes. Les eurodéputés de gauche et du centre ont soutenu la mesure, tandis que des membres de l’extrême droite et une partie de la droite ont exprimé leur opposition, arguant que l’IVG doit rester une compétence nationale. François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains, a affirmé que l’intervention de l’UE dans ce domaine n’est pas souhaitable.

Cette lutte pour un accès simplifié et sécurisé à l’IVG en Europe est loin d’être terminée. La mobilisation autour de cette cause est essentielle pour garantir que toutes les femmes, indépendamment de leur pays d’origine, aient la possibilité d’exercer leurs droits reproductifs sans entrave.