Les conséquences du tragique incendie survenu dans un bar de Crans-Montana, en Suisse, se font sentir au-delà des frontières. Un mois et demi après cet événement qui a coûté la vie à 41 personnes et blessé 115 autres, près de cinquante établissements de nuit en France ont été fermés, selon des rapports récents du Parisien et du Figaro. Cette situation soulève des questions sur la sécurité dans les lieux festifs français.
EN BREF
- Près de 50 bars et clubs fermés en France suite à des contrôles de sécurité
- 195 non-conformités relevées sur 443 établissements inspectés
- Le drame de Crans-Montana provoque une prise de conscience sur la sécurité
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, avait ordonné des inspections dans les établissements recevant du public (ERP) français après l’incendie du bar Le Constellation, survenu la nuit du Nouvel An. Une circulaire a été diffusée le 8 janvier afin d’informer tous les préfets des départements métropolitains et d’Outre-mer des mesures à prendre. Les résultats des premiers contrôles sont alarmants : sur 443 établissements inspectés dans 78 départements, près de 44 % ont révélé des **non-conformités** aux normes de sécurité incendie.
David Zenouda, vice-président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) en Île-de-France, a commenté ces résultats en soulignant que les lieux contrôlés étaient souvent **connus** pour ne pas offrir les meilleures conditions de sécurité. Cela n’exclut pas la nécessité d’une amélioration générale dans le secteur.
Les infractions constatées sont préoccupantes : issues de secours obstruées ou inexistantes, alarmes incendie hors service et installations électriques défaillantes figurent parmi les manquements notés. Zenouda a également évoqué un **manque de formation** du personnel, ce qui pourrait aggraver les risques en cas d’incident.
Les inspecteurs ont également mis en lumière la prolifération des établissements dits « hybrides », qui se transforment en clubs de nuit après une certaine heure. Ces lieux, souvent situés dans des sous-sols, étaient initialement conçus pour d’autres usages, ce qui soulève des questions sur leur conformité aux normes de sécurité.
Dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de Crans-Montana, il a été établi que le feu avait été causé par des **étincelles de bougies** « fontaine » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond. Les autorités suisses s’intéressent de près aux propriétaires de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, ainsi qu’aux responsables du service de sécurité, qui ont été entendus dans le cadre de cette enquête.
Alors que ces contrôles se poursuivent, ils mettent en lumière la nécessité d’une vigilance accrue en matière de sécurité dans les lieux de fête en France. La prise de conscience provoquée par le drame de Crans-Montana pourrait être un catalyseur pour des changements significatifs dans la réglementation et le fonctionnement des établissements de nuit.
Face à ces fermetures et à l’inquiétude croissante des consommateurs, il est impératif que les acteurs du secteur prennent des mesures proactives pour garantir la sécurité de leurs clients. La protection des vies humaines doit primer sur les considérations économiques, et les autorités doivent veiller à ce que les normes de sécurité soient strictement respectées.