Budget 2026 : motions de censure rejetées, le gouvernement passe en force

Ce mardi 27 janvier 2026, l’Assemblée nationale a examiné deux motions de censure déposées par La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN) dans le cadre de l’adoption de la partie « dépenses » du budget pour l’année 2026. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a utilisé une nouvelle fois l’article 49.3 pour faire avancer le projet budgétaire, une méthode qui suscite de vives réactions.

EN BREF

  • Deux motions de censure ont été rejetées à l’Assemblée nationale.
  • Le Premier ministre utilise pour la troisième fois l’article 49.3.
  • La partie dépenses du budget 2026 est adoptée malgré l’opposition.

Les deux motions de censure, bien que prévisibles, ont révélé les lignes de fracture au sein de l’Assemblée. La première, portée par LFI et les écologistes, a échoué à obtenir les 289 voix nécessaires, n’en rassemblant que 267. En ce qui concerne la motion du RN, elle a été soutenue par seulement 140 députés. Les groupes politiques tels que le Parti Socialiste (PS) et Les Républicains (LR) avaient d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas en faveur de ces motions, rendant leur adoption hautement improbable.

Félicie Gérard, porte-parole du groupe Horizons, a exprimé son refus de plonger le pays dans « davantage de confusion », tout en énonçant des réserves sur le projet de budget 2026. De même, le groupe Liot a opté pour l’abstention afin d’éviter « l’instabilité », sans pour autant donner son accord concernant le budget.

La réaction du groupe Ensemble pour la République, représenté par Julie Delpech, a été tout aussi claire : aucune des motions de censure ne sera soutenue. Elle a notamment critiqué le « goût du chaos » de l’opposition, tout en soulignant le temps perdu dans les débats, qui a atteint 150 heures, au lieu de se concentrer sur des sujets cruciaux tels que le logement ou l’éducation.

Les critiques se sont intensifiées autour du budget, considéré par certains comme un « budget de cash et de clash ». Édouard Bénard, du groupe GDR, n’a pas hésité à dénoncer la situation. Eric Ciotti a également fustigé le Premier ministre pour avoir fait des concessions au Parti Socialiste, qu’il qualifie d' »anomalie démocratique ».

Les tensions ont été palpables dans l’hémicycle, avec Hadrien Clouet de LFI affirmant que le gouvernement a sacrifié des intérêts fondamentaux pour un déficit budgétaire de 5 %. Il a interpellé ses collègues du PS, qui se refusent à censurer le gouvernement depuis l’installation de ce dernier.

Malgré ces tensions, Sébastien Lecornu a pris la parole pour défendre son budget, promettant de réduire le déficit tout en ralentissant la dépense publique. Il a également évoqué les résultats de son gouvernement, mettant en avant des chiffres qui, selon lui, contredisent les « économies imaginaires » avancées par ses adversaires.

À l’issue des débats, le Premier ministre a annoncé que la partie dépenses du budget devait désormais passer par le Sénat, où il ne devrait pas y avoir de retard significatif. Cependant, pour valider l’ensemble du texte, il compte de nouveau activer l’article 49.3, une méthode qui ne cesse de susciter la controverse.

En somme, le parcours du budget 2026 reste semé d’embûches. Les motions de censure ont été un épisode révélateur des tensions politiques actuelles, mais elles n’ont pas suffi à freiner la volonté du gouvernement d’adopter ses mesures. Les prochains jours s’annoncent tout aussi tendus alors que le Sénat se prépare à examiner le texte.