François Ruffin, président au Smic : une promesse qui interroge

Le député de Picardie, François Ruffin, candidat à l’élection présidentielle de 2027, a récemment affirmé qu’il souhaitait devenir « le premier président au Smic ». Cette déclaration, faite lors d’interviews publiées le 26 janvier 2026, soulève des questions sur le rôle et la rémunération des dirigeants politiques en France.

EN BREF

  • François Ruffin propose un salaire présidentiel au niveau du Smic.
  • Actuellement, Emmanuel Macron perçoit environ 16 000 euros bruts par mois.
  • La question des rémunérations des élus suscite des débats dans le contexte économique actuel.

Dans ses déclarations, François Ruffin a mis en avant son propre parcours en tant que député, affirmant : « L’exemple viendra d’en haut : je suis le premier député au Smic. Je paierai mes factures d’électricité comme de Gaulle et j’achèterai ma vaisselle au supermarché comme sa femme Yvonne ». Cette promesse s’inscrit dans une volonté de réduire le train de vie de l’Élysée, avec l’objectif affiché de réaliser des économies significatives sur le budget présidentiel, estimées à 20 millions d’euros.

Le député, qui a quitté La France Insoumise (LFI) après les législatives de 2024, se positionne ainsi pour la primaire unitaire de la gauche, qui se tiendra le 11 octobre. En se proposant de gagner environ 1 800 euros bruts par mois, Ruffin entend incarner une nouvelle forme de politique, moins éloignée des réalités quotidiennes des citoyens.

Une rémunération présidentielle contestée

La question du salaire du président de la République est souvent débattue. Actuellement, Emmanuel Macron perçoit environ 16 000 euros bruts par mois, dont 12 000 euros de traitement, auxquels s’ajoutent des indemnités de résidence et de fonction. Ces sommes sont fixées par un décret datant de 2012, qui a instauré une réduction de 30 % des salaires des élus, en réponse à un contexte budgétaire difficile.

Les rémunérations des élus, bien que soumises à des débats publics, sont souvent jugées excessives au regard des salaires moyens en France. En effet, le traitement du président est environ quatre fois supérieur à celui du citoyen lambda. Cette situation a suscité des critiques, notamment en période de crise économique, où de nombreux Français peinent à joindre les deux bouts.

Des réactions divergentes

Les propos de François Ruffin ont provoqué des réactions variées. Louis Sarkozy, fils de l’ancien président, a qualifié cette proposition de « gauchisme démagogique à l’état pur », arguant que gouverner un pays requiert des compétences qui justifient une rémunération plus élevée. Selon lui, les salaires des responsables politiques doivent refléter les responsabilités qui leur incombent, surtout dans un pays confronté à des défis majeurs.

Il a souligné que le salaire d’un ministre est d’environ 10 000 euros bruts par mois, tandis qu’un député gagne environ 7 600 euros. Ces chiffres, selon Sarkozy, sont dérisoires par rapport aux enjeux auxquels les dirigeants doivent faire face. Cette divergence d’opinion met en lumière un fossé entre les aspirations de certains élus et les attentes de la population.

François Ruffin, en prônant un salaire au Smic pour le président, semble vouloir redéfinir les codes de la politique française. Sa démarche symbolique vise à rappeler aux citoyens que les élus doivent être en phase avec les réalités de la vie quotidienne. Toutefois, la question demeure : un président au Smic peut-il efficacement gouverner un pays aussi complexe que la France ?

Les mois à venir s’annoncent cruciaux pour les candidats à la présidentielle, et le débat sur la rémunération des élus est loin d’être clos. Les Français s’interrogent sur le sens de la politique et la manière dont leurs dirigeants représentent véritablement leurs intérêts.