La sécurité alimentaire est un sujet qui suscite de plus en plus d’inquiétudes parmi les consommateurs. Récemment, une étude menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a mis en lumière la présence d’acrylamide dans certains aliments, une substance reconnue comme cancérogène possible pour l’Homme. La publication des premiers résultats de cette étude, le 11 février, a relancé les débats sur la nécessité de mieux contrôler les contaminants chimiques dans notre alimentation.
EN BREF
- Une étude de l’Anses révèle des niveaux préoccupants d’acrylamide dans certains aliments.
- Les pommes de terre frites, les chips et le café noir sont les plus contaminés.
- Des recommandations sont faites pour réduire l’exposition à cette substance nocive.
Cette étude, baptisée alimenTation Totale (EAT3), visait à évaluer la présence de 250 substances dans les aliments, dont l’acrylamide, mais aussi des éléments traces métalliques tels que l’argent, le plomb et le mercure. Les résultats montrent une diminution des concentrations en acrylamide, argent, aluminium, cadmium et plomb, mais l’Anses alerte sur le fait que l’exposition à l’acrylamide demeure « toujours préoccupante ».
Pour mieux comprendre l’impact de l’acrylamide sur la santé, il est essentiel de savoir qu’elle se forme lors de la cuisson à haute température, notamment au-delà de 120°C, dans les aliments riches en amidon et en asparagine. Les produits les plus touchés incluent les pommes de terre frites, les chips, le café noir et certains biscuits sucrés. Sophie Landaud, enseignante-chercheur à l’Inrae, souligne que les procédés de fabrication des aliments ultra-transformés peuvent générer des composés potentiellement toxiques, dont l’acrylamide fait partie.
Malgré la baisse des concentrations observée dans certains produits, comme le café, l’Anses insiste sur la nécessité d’intensifier les efforts pour réduire encore davantage la présence d’acrylamide dans les aliments. Morgane Champion, coordinatrice de l’EAT3, a déclaré que ces résultats témoignent de l’efficacité des mesures mises en œuvre par le secteur alimentaire au cours des dernières années. Cependant, la vigilance reste de mise, car les consommateurs sont encore trop exposés à cette substance.
Pour limiter l’exposition à l’acrylamide, l’Anses propose plusieurs recommandations pratiques. Parmi celles-ci, il est conseillé de ne pas surchauffer l’huile de friture et d’éviter de faire dorer les aliments de manière excessive. Il est également recommandé de ne pas consommer les parties les plus noircies des aliments lors de la cuisson. Ces conseils s’appliquent aussi à l’utilisation d’appareils tels que les AirFryers, où il est suggéré de ne pas dépasser une température de 175°C, car des substances nocives peuvent se former au-delà de cette limite.
En somme, la question de la sécurité alimentaire reste un enjeu majeur pour la santé publique. L’acrylamide, bien que faisant l’objet de mesures de réduction, continue de poser un risque pour les consommateurs. Une sensibilisation accrue et des efforts continus de la part des professionnels de l’alimentation sont indispensables pour garantir une alimentation plus sûre et préserver la santé des individus.