Le 4 février 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié un rapport substantiel après deux ans d’expertise sur les risques sanitaires associés au vapotage. Ce document, regroupant plus de 2800 études, vise à éclairer les effets à moyen et long termes de l’utilisation de la cigarette électronique, un sujet qui suscite de plus en plus d’inquiétudes au sein de la population.
EN BREF
- Plus de 3 millions de Français vapotent quotidiennement, représentant 6 % des adultes.
- Le rapport de l’Anses met en lumière des risques cardiovasculaires et respiratoires significatifs.
- Des recommandations sont formulées pour encadrer l’usage du vapotage, surtout chez les jeunes.
Alors que le vapotage continue de se développer, la recherche sur ses effets sanitaires reste une priorité. Les études antérieures avaient déjà mis en évidence des risques potentiels, notamment dans les domaines respiratoire et cardiovasculaire. Toutefois, l’Anses a souligné l’absence de consensus sur les effets à long terme, en raison d’un manque de données harmonisées.
Une analyse approfondie et diversifiée
Le rapport de l’Anses s’appuie sur trois volets principaux : une analyse exhaustive de la littérature scientifique, une évaluation des risques associés à l’inhalation de certaines substances, et des enquêtes sur les pratiques de vapotage en France. Celles-ci touchent notamment des populations spécifiques comme les adolescents et les femmes enceintes, souvent moins étudiées dans le cadre de précédentes recherches.
Selon Benoît Labarbe, Chef de l’unité d’évaluation des produits du tabac à l’Anses, la nicotine présente dans les e-liquides est identique à celle contenue dans le tabac. Elle agit sur le cerveau en stimulant des circuits de récompense, créant ainsi une sensation de bien-être. Cela peut mener à une consommation compulsive, transformant le choix de fumer en nécessité, et donc à une dépendance.
Des effets sanitaires préoccupants
L’évaluation des risques réalisée par l’Anses a permis de conclure que le vapotage pourrait être lié à des effets sanitaires « probables » et « possibles ». Parmi les conclusions, on note :
- Des risques cardiovasculaires, tels que l’augmentation de la pression artérielle, en cas de présence de nicotine.
- Des effets respiratoires, notamment le risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et de carcinogenèse, que les produits contiennent ou non de la nicotine.
- Des risques potentiels pour le développement du fœtus exposé au vapotage in utero.
Thibault Mansuy, pharmacien à l’Anses, précise que la plupart de ces risques sont réversibles après l’arrêt du vapotage, mais souligne l’existence d’« effets précurseurs » en matière de risque cancérigène.
Les substances toxiques en cause
Le rapport aborde également les dangers liés à l’inhalation de substances toxiques présentes dans les e-liquides. Les aldéhydes, par exemple, peuvent se fixer sur les tissus respiratoires, entraînant des dégradations qui augmentent le risque de cancer. L’Anses a déterminé qu’aucun niveau d’exposition n’est sans risque, ce qui alerte sur la nécessité d’une vigilance accrue.
Depuis leur introduction sur le marché, l’utilisation des cigarettes électroniques a connu une forte hausse. Aujourd’hui, plus de 3 millions de Français vapotent quotidiennement, et cette tendance ne semble pas s’inverser. Le rapport met également en lumière la diversité croissante des produits disponibles sur le marché, allant des dispositifs variés aux arômes multiples, et même des préparations maison par les utilisateurs.
Des recommandations pour une meilleure régulation
Pour limiter les risques associés au vapotage, l’Anses appelle à une meilleure information des consommateurs et à un encadrement plus strict des ingrédients utilisés dans les e-liquides. Elle insiste également sur l’importance d’interdire la vente aux mineurs et de limiter la publicité pour ces produits.
Enfin, l’agence souligne le rôle crucial des professionnels de santé dans l’accompagnement des fumeurs et vapoteurs, afin de mieux les informer sur les produits et de les aider à arrêter le vapotage. Les recommandations de l’Anses visent à protéger les populations les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes enceintes, souvent influencées par des motivations variées, allant du sevrage tabagique à l’attrait sensoriel des arômes.
En conclusion, ce rapport de l’Anses constitue un appel à la prudence face à l’expansion du vapotage, soulignant la nécessité d’une réflexion collective sur ses implications sanitaires et sociales.