Au mois de février, la pelouse présente souvent un aspect peu engageant : brins couchés, plaques jaunies et sol détrempé. De nombreux jardiniers contemplent ce tapis fatigué en se promettant de le « remettre en état » avant l’arrivée des beaux jours. Pourtant, ce mois, souvent perçu comme une période de dormance, joue un rôle crucial dans la future couleur et densité du gazon.
EN BREF
- Février est déterminant pour la santé future du gazon.
- Évitez de tondre la pelouse trop tôt pour préserver son énergie.
- Un ratissage léger suffit pour maintenir un gazon en bonne santé.
Bien que la surface de la pelouse semble déprimante, sous la terre, le gazon se réveille lentement. Les racines commencent à puiser à nouveau, reconstituant leurs réserves, alors que chaque brin se prépare à une nouvelle croissance. C’est une période délicate : une seule erreur peut affaiblir la pelouse pour toute la saison.
À cette époque de l’année, les brins d’herbe sont fragiles, contenant environ 80 % d’eau. Le froid les rend vulnérables et, à la moindre pression, ils se cassent. Le sol, souvent gorgé d’eau et spongieux, souffre également : chaque passage répété peut tasser la terre et écraser les jeunes pousses qui tentent de percer.
Février exige une approche douce. Un simple ratissage avec un balai à gazon permet d’éliminer les feuilles mortes, la mousse et les débris, tout en préservant les jeunes brins. Ceci améliore la circulation de l’air et l’infiltration de l’eau, permettant de réduire les maladies telles que le feutrage ou la moisissure des neiges. Des études montrent qu’une pelouse aérée en fin d’hiver peut gagner jusqu’à 15 à 20 % de densité au printemps.
Face à cette scène peu engageante, beaucoup choisissent de tondre leur pelouse en février pour « faire du propre ». Cependant, les experts en gazon, comme Lorienne Whittle du Woodland Trust, soulignent que cette tonte précoce retire la partie de l’herbe qui fournit l’énergie nécessaire aux racines. Selon elle, la tonte est généralement recommandée entre mars et octobre.
De plus, tondre sur un sol encore humide ou gelé augmente le risque de tasser la terre, fermant les pores du sol et créant des zones asphyxiées. L’herbe ainsi fragilisée repousse plus fine, laissant passer davantage de mousse. Les micro-blessures causées par la coupe favorisent également l’installation de champignons.
Il est donc essentiel d’attendre pour tondre. En février, il n’y a pas grand-chose à faire pour préparer une pelouse dense au printemps. Il suffit de ramasser les feuilles, jouets et autres objets qui étouffent l’herbe, d’éviter de marcher sur les zones détrempées et de procéder à un ratissage régulier. Pour les zones tassées, une fine couche de compost mûr ou de sable peut améliorer la structure du sol sans perturber le gazon.
Pour reprendre la tonte, il est préférable de se fier aux signaux naturels plutôt qu’à un calendrier. L’air doit être au-dessus de 8 °C pendant plusieurs jours, le sol ne doit pas être spongieux et l’herbe doit mesurer environ 5 à 6 cm. Lors de la première coupe, il est recommandé d’enlever au maximum un tiers de la hauteur, en utilisant des lames affûtées pour éviter d’endommager la pelouse.
En somme, février peut sembler un mois ingrat pour le jardin, mais une attention particulière permet de préparer un gazon verdoyant et dense pour les mois à venir.