Pour de nombreux propriétaires retraités, la taxe foncière représente une charge financière significative. Dans plusieurs communes, le montant à payer dépasse déjà 1 100 euros par logement, tandis que les pensions restent souvent stagnantes. À partir de l’automne 2026, un nouveau dispositif pourrait alléger cette pression pour certains seniors, permettant de ramener la taxe foncière sur leur résidence principale à zéro.
EN BREF
- À partir de 2026, certains retraités pourront bénéficier d’une exonération totale de la taxe foncière.
- Les conditions incluent un âge minimum de 75 ans et des plafonds de revenus spécifiques.
- Un dégrèvement de 100 euros est prévu pour les retraités de 65 à 74 ans sous certaines conditions.
Ce dispositif, qui entrera en vigueur à l’automne 2026, permettra à des milliers de retraités de bénéficier d’une exonération totale ou d’un allègement automatique de la taxe foncière sur les propriétés bâties, sous réserve de remplir des critères précis d’âge, de revenus et, dans certains cas, d’allocations comme l’ASPA, l’ASI ou l’AAH. La question essentielle demeure : êtes-vous l’un des retraités éligibles à cette exonération ou bénéficierez-vous d’un allègement partiel ?
Des critères d’éligibilité précis
Le premier profil éligible réunit les propriétaires âgés de 75 ans ou plus au 1er janvier 2026, occupant leur résidence principale, et ayant un revenu fiscal de référence ne dépassant pas les plafonds établis par la loi. Par exemple, les dernières grilles publiées indiquent des montants de 12 679 euros pour une part, 16 065 euros pour une part et demie, et 19 451 euros pour deux parts. Si ces limites ne sont pas franchies, la taxe foncière peut être réduite à zéro, bien que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères reste due.
Autres cas de figure
Un autre groupe de retraités qui pourrait bénéficier de cette mesure comprend ceux qui perçoivent l’allocation de solidarité aux personnes âgées, l’allocation supplémentaire d’invalidité ou l’allocation aux adultes handicapés. Pour l’ASPA et l’ASI, l’exonération de la taxe foncière sera accordée automatiquement, sans condition d’âge supplémentaire. De plus, l’AAH donnera également droit à la suppression de la taxe foncière, à condition que le revenu fiscal de référence soit en dessous des plafonds mentionnés.
“C’est la première fois que je vois une mesure qui considère vraiment la fragilité de nos revenus”, témoigne Françoise, retraitée à Agen.
En ce qui concerne les propriétaires âgés de 65 à 74 ans qui ne remplissent pas encore les conditions d’âge pour l’exonération totale, le dispositif de 2026 prévoit un dégrèvement fixe de 100 euros, sous les mêmes conditions de revenus. Par exemple, un retraité de 68 ans avec une taxe foncière de 820 euros verra son avis réduit à 720 euros si son revenu fiscal de référence reste en deçà des montants précisés.
Vérification des revenus et des droits
Toutefois, tout repose sur le revenu fiscal de référence indiqué sur l’avis d’impôt sur le revenu de 2025, qui sera pris en compte pour la taxe foncière de 2026. Si ce revenu dépasse légèrement les plafonds, le foyer pourrait ne pas bénéficier de l’exonération totale ni du dégrèvement de 100 euros, même avec une pension modeste. Il est donc crucial de vérifier l’exactitude des informations déclarées, notamment après un changement de situation ou une baisse de revenus.
Un second filet de sécurité existe : le plafonnement de la taxe foncière à 50 % des revenus, disponible sur demande via le formulaire 2041-DPTF-SD jusqu’au 31 décembre 2027. Cette mesure vise à protéger davantage les foyers à faibles revenus.
En théorie, l’exonération, la réduction de 100 euros et le plafonnement à 50 % sont appliqués automatiquement grâce aux échanges d’informations entre l’administration fiscale, les caisses de retraite et les organismes sociaux. En pratique, il est conseillé de consacrer quelques minutes à la vérification de son avis de taxe foncière pour 2026 : il convient de contrôler son âge au 1er janvier, de comparer son revenu fiscal de référence aux plafonds, et de distinguer la ligne de taxe foncière de celle de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui doit toujours être réglée.