Avec l’arrivée des premiers rayons de soleil en février, nombreux sont les jardiniers qui se précipitent pour redonner vie à leur pelouse. Le ciel bleu et les températures plus douces incitent à sortir tondeuses et outils de jardinage. Pourtant, un geste bien intentionné peut s’avérer être une erreur fatale pour votre gazon.
EN BREF
- Les jardiniers commettent souvent l’erreur de tondre trop tôt en février.
- Une tonte précoce fragilise la pelouse, favorisant mousse et champignons.
- Un entretien léger est recommandé pour favoriser une meilleure repousse au printemps.
À cette période de l’année, le gazon sort lentement de sa dormance. Les racines commencent à puiser dans le sol, tandis que les réserves d’énergie se reconstituent. Toutefois, en février, l’herbe, riche en eau, est encore molle et cassante. Le sol, quant à lui, reste froid, souvent autour de 5 à 6 °C, alors que l’herbe ne cicatrise correctement qu’à partir de 10 °C.
Dans ce contexte, tondre son gazon trop tôt peut avoir des conséquences désastreuses. Chaque passage de la tondeuse tasse la terre, écrasant les jeunes pousses qui commencent à émerger. La pelouse, encore fragile, a besoin de temps pour se régénérer. Les brins d’herbe, surtout lorsque la pelouse est gelée, peuvent se casser comme du verre, laissant des traces jaunes visibles pendant des mois.
Face à une pelouse qui semble fatiguée après l’hiver, le réflexe de tondre est courant. Toutefois, il est crucial de comprendre que cette tonte précoce coupe la partie de l’herbe qui produit l’énergie nécessaire aux racines. Comme l’explique Lorienne Whittle, experte du Woodland Trust, la tonte est généralement recommandée entre mars et octobre.
En tondant sur un sol encore humide ou gelé, le poids de la tondeuse peut également refermer les pores du sol, asphyxiant ainsi les racines déjà fragilisées. Le résultat est souvent une pelouse qui repousse plus fine, laissant la place à la mousse et aux champignons. De plus, tondre trop ras, en dessous de 5 ou 6 cm, ou utiliser un scarificateur en février, peut carrément arracher des racines saines.
La bonne nouvelle est que, durant ce mois, la « paresse utile » peut devenir votre meilleur allié pour obtenir une pelouse dense au printemps. Il est conseillé de se limiter à un ratissage léger pour enlever les feuilles mortes, la mousse superficielle et les débris, sans arracher les jeunes brins d’herbe. Cela permet au sol de mieux respirer et favorise l’infiltration de l’eau.
Des études ont montré qu’une pelouse aérée en fin d’hiver peut gagner jusqu’à 15 à 20 % de densité au printemps. Pour protéger votre gazon des gelées tardives, fréquentes jusqu’aux Saints de glace, évitez de marcher sur les zones détrempées ou gelées et laissez le feutrage jouer son rôle isolant.
Pour reprendre la tonte, fiez-vous aux signaux plutôt qu’au calendrier : un air au-delà de 8 °C pendant plusieurs jours consécutifs, un sol qui ne doit pas être spongieux, et une herbe d’environ 5 à 6 cm de hauteur sont des indicateurs fiables. Lors de la première coupe, il est préférable d’enlever au maximum un tiers de la hauteur, en utilisant une lame bien affûtée. Ainsi, préparez votre tondeuse et attendez le bon moment pour l’utiliser.
En somme, un entretien réfléchi de votre pelouse au début du printemps peut faire toute la différence pour sa santé et sa beauté future. Avec un peu de patience et d’attention, vous aurez un gazon verdoyant et dense en un rien de temps.