Arrosage en hiver : les gestes essentiels pour préserver vos plantes

Avec l’arrivée de l’hiver, de nombreux jardins semblent entrer dans une phase de dormance. Les feuilles sont tombées, le sol paraît humide et l’arrosoir est souvent oublié au fond du garage jusqu’au printemps. Pourtant, cette période tranquille peut être trompeuse. Les plantes subissent souvent des dommages importants, non pas à cause de parasites, mais d’un simple manque d’eau.

EN BREF

  • Les plantes continuent à consommer de l’eau en hiver, même sans croissance visible.
  • Un arrosage réfléchi est crucial pour prévenir le dessèchement ou la pourriture des racines.
  • Les jeunes arbres, haies et plantes en pot nécessitent une attention particulière pendant les périodes sèches.

Pour un maître jardinier, le geste d’arrosage est inévitable, même en hiver. En effet, un arrosage inadapté peut causer plus de dégâts que l’on ne le pense. Un manque d’eau peut dessécher lentement les racines, tandis qu’un excès d’eau peut entraîner leur pourriture, surtout chez certaines espèces réputées résistantes.

Les régions froides et sèches illustrent parfaitement ce phénomène. Des maîtres jardiniers ont observé que des hivers sans neige ni pluie peuvent être tout aussi dommageables qu’une canicule. L’Université d’État du Nouveau-Mexique souligne que de nombreuses plantes continuent à consommer de l’eau même lorsque leur croissance est en pause. Les éléments tels que le vent, le soleil hivernal et un sol nu aggravent cette sécheresse au niveau des racines.

Les bonnes pratiques d’arrosage

Selon l’Université d’État du Colorado, il est conseillé d’arroser uniquement lorsque le sol n’est pas gelé, que la température dépasse environ 5 °C durant la journée et qu’il n’a pas plu depuis plusieurs semaines. Le moment idéal pour arroser reste le milieu de journée, permettant à l’eau de pénétrer avant la nuit. Un arrosage profond et espacé est préférable à de petites arrosages fréquents, garantissant ainsi une meilleure santé des plantes au printemps.

Toutes les plantes du jardin n’ont pas les mêmes besoins en eau. Les plus fragiles incluent les jeunes arbres et arbustes plantés depuis moins de deux ans, ainsi que les haies et conifères persistants. Les plantes à floraison hivernale et celles cultivées en pot ou en bac doivent également bénéficier d’une attention particulière pendant les mois secs.

  • Jeunes arbres et arbustes (moins de deux ans)
  • Haies et conifères persistants
  • Plantes à floraison hivernale
  • Plantes en pot ou en bac

D’un autre côté, certaines espèces tolèrent mieux un sol un peu sec qu’un excès d’eau. Les succulentes, cactus, lavande, romarin, sedum, graminées ornementales ou verveine de Buenos Aires préfèrent clairement des conditions plus sèches. Un jardinier a partagé son expérience douloureuse : « J’ai tout perdu l’hiver dernier : des lavandes adultes gelées et du sedum pourri sur place. J’arrosais par réflexe familial », explique-t-il. Pour ces plantes, un simple test du doigt peut suffire : si la terre est froide et encore fraîche, il n’est pas nécessaire d’arroser.

Fréquence et méthode d’arrosage

Il est recommandé d’adopter une routine d’arrosage ciblée toutes les trois ou quatre semaines durant les longues périodes sèches. Choisissez une journée sans gel annoncé, avec une température d’environ 5 °C l’après-midi. Vérifiez si le sol est sec en profondeur, surtout au pied des plantes prioritaires. Si c’est le cas, arrosez lentement la zone racinaire, sans détremper le reste du massif.

L’erreur la plus courante consiste à arroser par automatisme, souvent tous les jours, en soirée ou même en plein gel. Les racines trop gorgées d’eau gèlent plus rapidement. L’objectif est d’humidifier en profondeur puis de laisser le sol sécher. Un arrosage hivernal bien planifié, effectué deux ou trois fois pendant une saison sèche, peut suffire à sauver des jeunes arbres, des haies et des massifs. Au printemps, il est souvent évident que quelques arrosages bien placés valent mieux que des replantations.