Avec l’arrivée de février, les jardiniers commencent à ressentir l’appel du jardin. Les premiers rayons de soleil incitent à sortir les outils, notamment le sécateur. Nombreux sont ceux qui croient bien faire en taillant leurs arbustes pour préparer le printemps. Pourtant, ce geste, souvent mal compris, peut transformer un jardin prometteur en une simple étendue de branches nues.
EN BREF
- Beaucoup de jardiniers taillent leurs plantes trop tôt, compromettant la floraison.
- Les arbustes à floraison printanière doivent être taillés après leur floraison.
- Des questions simples peuvent aider à décider du bon moment pour tailler.
Les erreurs de taille se retrouvent souvent chez les jardiniers débutants, notamment lors de la taille des arbustes en limite de propriété. Dans les années propices, ces végétaux se parent d’un éclat de jaune magnifique, tandis que lors des saisons défavorables, ils semblent totalement éteints. Tailler trop tôt en février peut avoir des conséquences désastreuses : une absence quasi totale de fleurs.
En effet, à cette période, de nombreuses plantes sont encore en repos. La sève circule lentement et les silhouettes des arbustes peuvent sembler prêtes à être taillées. Toutefois, les bourgeons commencent déjà à se former, surtout lors des hivers doux, alors que des épisodes de gel peuvent encore survenir. Une taille sévère à ce moment fragilise les jeunes rameaux et les expose aux maladies.
Pour les arbustes qui fleurissent au printemps, la situation est encore plus critique. Ces plantes, comme le forsythia, fleurissent sur le bois de l’année précédente. En février, tous les bourgeons floraux sont déjà en place sur les branches. Les couper à ce moment-là, c’est purement et simplement éliminer la floraison qui a été patiemment développée pendant plusieurs mois.
Un exemple emblématique de cette erreur est celui du forsythia. Imaginez une propriétaire qui rase sa haie jaune alors que son voisin taille ses rosiers. En mars, alors que son voisin profite d’une belle explosion de couleurs, sa haie demeure désespérément verte. Ce même scénario peut se reproduire avec d’autres plantes comme le lilas, le cognassier du Japon, ou le groseillier à fleurs.
Quand tailler pour garantir une floraison
La règle d’or est simple : il ne faut pas tailler ces arbustes avant la fin de leur floraison. En 2026, il est conseillé d’observer et de profiter de la floraison entre février et mars. La période idéale pour tailler arrive ensuite, en avril-mai, soit un à deux mois après la chute des fleurs. C’est alors l’occasion de supprimer quelques vieilles branches à la base pour dégager le centre et stimuler les jeunes pousses qui porteront la floraison de l’année suivante.
Cependant, le sécateur peut aussi servir sur d’autres types de végétaux. Les arbustes à floraison estivale, tels que le buddléia, l’hibiscus syriacus, certains hortensias paniculata, ou encore la bignone, doivent être taillés sur le bois de l’année. Une taille courte fin février ou début mars, en dehors des périodes de gel, favorise des pousses vigoureuses et une floraison abondante. Les rosiers et les arbres fruitiers à pépins se taillent en fin d’hiver, généralement entre le 15 février et le 15 avril selon les régions, en veillant à éliminer le bois mort et les rameaux qui se croisent.
A l’opposé, certaines plantes sensibles au froid, comme le figuier, les jeunes lauriers-roses ou les hortensias à grosses têtes, doivent attendre la fin des gelées. Avant de couper la moindre branche, il est conseillé de se poser trois questions essentielles : l’arbuste fleurit-il au printemps ou en été ? Les bourgeons floraux sont-ils déjà gonflés ? Un épisode de gel est-il annoncé ? En cas de doute, mieux vaut patienter que de compromettre la floraison.
En résumé, la taille des arbustes au bon moment est cruciale pour garantir une floraison épanouie. En respectant les cycles de vie des plantes, vous pourrez profiter d’un jardin florissant chaque printemps.