Les statines : une étude démontre leur sécurité et combat la désinformation

Les statines, prescrites pour lutter contre le cholestérol LDL, sont au cœur d’un débat majeur concernant leur innocuité. Alors que ces médicaments sont largement utilisés pour prévenir les maladies cardiovasculaires, une étude récente publiée dans The Lancet apporte des éclaircissements sur les effets secondaires souvent redoutés par les patients.

EN BREF

  • Une étude révèle que les effets indésirables des statines sont largement exagérés.
  • Les bénéfices des statines surpassent les risques pour la majorité des patients.
  • Les chercheurs demandent une révision des notices pour mieux informer les patients.

Le cholestérol LDL, souvent qualifié de « mauvais cholestérol », peut provoquer des problèmes cardiovasculaires graves, tels que l’athérosclérose. Selon la Fédération Française de Cardiologie, il est crucial de le contrôler. Toutefois, la prescription de statines suscite une certaine méfiance, alimentée par des craintes concernant leurs effets secondaires. Christina Reith, chercheuse à l’université d’Oxford, souligne que ces inquiétudes ont conduit de nombreux patients à abandonner leur traitement.

Le concept d’effet nocebo, évoqué par le professeur Eric Bruckert, met en lumière le fait que des croyances négatives peuvent entraîner des symptômes réels chez les patients. Ainsi, la communication sur les statines et leurs bénéfices reste essentielle pour encourager l’adhésion au traitement.

Dans leur étude, les chercheurs ont examiné les effets indésirables mentionnés dans les notices de cinq statines : atorvastatine, fluvastatine, pravastatine, rosuvastatine et simvastatine. En compilant les données de 23 essais randomisés, ils ont pu comparer les symptômes des patients sous statines à ceux de groupes témoins sous placebo.

Les résultats sont révélateurs : les patients prenant des statines ne présentaient pas davantage de symptômes que ceux sous placebo. L’étude conclut que la majorité des effets indésirables associés aux statines ne sont pas causals. Des troubles tels que la dépression, les problèmes cognitifs ou les troubles du sommeil ne sont donc pas nécessairement liés à ces médicaments.

Sur les 66 effets indésirables analysés, seuls quatre ont été clairement associés aux statines, et ce, chez une très faible proportion de patients. Parmi ceux-ci, des résultats anormaux dans les analyses de la fonction hépatique, qui ne conduisent généralement pas à des maladies graves.

Ces conclusions renforcent l’idée que, pour la majorité des patients, les avantages des statines l’emportent sur les risques d’effets secondaires. Le professeur Bryan Williams, de la British Heart Foundation, souligne que cette étude constitue un « contrepoids indispensable » face à la désinformation entourant les statines, et qu’elle pourrait contribuer à réduire le nombre de décès évitables dus aux maladies cardiovasculaires.

Face à ces résultats, les chercheurs appellent à une révision des notices des statines. Cela permettrait aux patients et aux professionnels de santé de prendre des décisions éclairées concernant leur traitement. Le professeur Sir Rory Collins, co-auteur de l’étude, insiste sur l’importance d’améliorer la communication autour des statines pour instaurer une confiance renouvelée envers ces médicaments.

Dans un monde où l’information circulant sur les médicaments est de plus en plus complexe, il est impératif de s’appuyer sur des données scientifiques solides pour guider les choix de santé. La récente étude sur les statines pourrait ainsi jouer un rôle crucial dans la réhabilitation de ces médicaments auprès des patients.