Depuis des années, j’ai considéré mes rosiers comme des plantes réservées aux experts. Pour les multiplier, je pensais qu’il était nécessaire de maîtriser des techniques de greffe complexes, nécessitant un matériel coûteux et des gestes précis. Je me contentais donc d’acheter de nouveaux plants, persuadée que bouturer un rosier en automne relevait de l’exploit. Cependant, tout a changé le jour où j’ai observé un voisin taillant ses roses, et j’ai réalisé que j’avais complètement sous-estimé cette possibilité.
EN BREF
- Il est possible de multiplier ses rosiers en automne avec une méthode simple.
- La bouture réalisée à cette période bénéficie d’un climat idéal pour s’enraciner.
- Un matériel basique suffit : sécateur, pot, terreau et une bouteille en plastique.
Chaque automne, lorsque les feuilles jaunissent et que la terre reste encore tiède, le jardin offre une occasion en or pour cloner son rosier préféré. Les tiges de l’année, pleines de réserves, sont prêtes à être bouturées. À cette période de l’année, l’air est plus humide, les maladies se calment et les conditions semblent parfaites pour que la magie opère.
En octobre, le rosier ne pousse presque plus en hauteur, mais il a emmagasiné une énergie précieuse dans ses tiges, ce qui est un atout pour la bouture. Ce bois semi-ligneux, riche en sucres et nutriments, favorise l’enracinement. De plus, la douceur du sol et l’humidité ambiante limitent les arrosages, tandis que l’activité des insectes diminue.
Contrairement à l’été, la plante transpire moins, ce qui réduit le stress hydrique et augmente les chances de réussite. De plus, la pression des maladies et des champignons est moins forte à cette période. Que vous possédiez un massif ou un balcon, il vous suffit d’un coin abrité, d’un pot et d’un peu de terre légère pour réaliser cette expérience sans dépenser une fortune.
Le matériel nécessaire est étonnamment simple. Il vous faudra un sécateur propre, des gants, un vieux pot ou un godet, ainsi qu’un mélange de terreau et de sable de rivière à parts égales. Une bouteille en plastique transparente coupée en deux peut également être utilisée pour créer un environnement propice. Pour donner un coup de pouce à vos boutures, vous pouvez ajouter de l’hormone de bouturage ou, pour une version plus naturelle, de l’eau de saule maison.
Bien que certains jardiniers optent pour des substrats drainants comme la perlite ou des mini-serres, ceux-ci ne sont pas indispensables. L’essentiel est d’avoir un support léger et un couvercle transparent pour maintenir l’humidité sans étouffer la plante. Il est à noter que beaucoup de rosiers modernes sont protégés, ce qui signifie que ces boutures doivent être réalisées uniquement pour votre propre jardin et non pour la revente.
Pour commencer, il convient de sélectionner une tige semi-ligneuse de l’année, saine et d’environ 15 à 20 centimètres. Avec le sécateur, vous devez couper la base en biais juste sous un nœud et le haut droit au-dessus d’un autre. Ensuite, sur la partie qui sera enterrée, il est nécessaire d’enlever les feuilles et les épines, tout en conservant deux ou trois feuilles sur le sommet. La base peut être trempée dans l’hormone ou l’eau de saule avant d’être plantée aux deux tiers de sa hauteur dans le mélange terreau-sable tassé.
Une fois cette étape complétée, vous recouvrez le pot avec la bouteille retournée pour créer une petite serre et placez le tout à mi-ombre, à l’abri du vent. Le substrat doit rester légèrement humide : trop d’eau entraînerait la pourriture de la tige, tandis qu’un manque d’eau provoquerait son dessèchement. Il est conseillé d’aérer le couvercle de temps en temps, puis de laisser l’automne et l’hiver agir.
Au printemps, l’apparition de jeunes pousses ou une résistance lorsque l’on tire sur la tige indiquent que la reprise est en cours. Avec plusieurs boutures, vous serez en mesure d’étoffer votre massif ou de faire un joli cadeau à un proche.