L’Iran souhaite un accord rapide avec les États-Unis face à la menace d’une intervention militaire

Dans un contexte de tensions exacerbées entre Téhéran et Washington, l’Iran a exprimé, ce vendredi, sa volonté d’atteindre un accord « rapide » avec les États-Unis. Cette déclaration survient après un ultimatum du président américain Donald Trump, qui a laissé entendre qu’une intervention militaire pourrait être envisagée si les négociations échouaient.

EN BREF

  • L’Iran souhaite négocier rapidement avec les États-Unis pour alléger les sanctions.
  • Donald Trump envisage une intervention militaire si les discussions échouent.
  • Le programme nucléaire iranien demeure un point de discorde majeur.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a précisé lors d’une interview sur la chaîne MS NOW, que les deux pays n’étaient pas sous le coup d’un ultimatum. Il a insisté sur le fait que les discussions visaient à trouver un moyen d’arriver rapidement à un accord qui serait bénéfique pour les deux parties.

Le besoin d’un accord est d’autant plus pressant pour l’Iran, dont l’économie souffre d’un ensemble de sanctions qui la pénalisent depuis des décennies. Ces sanctions ont entraîné une hyperinflation chronique et une dévaluation inquiétante de la monnaie nationale, le rial. Ce climat économique tendu a d’ailleurs été à l’origine des manifestations de grande ampleur qui ont eu lieu en décembre dernier.

Araghchi a souligné que la levée des sanctions est cruciale pour le bien-être des Iraniens, affirmant : « Il est évident que plus tôt ces sanctions seront levées, mieux ce sera pour nous. Nous n’avons donc aucune raison de retarder » le processus de négociation.

En ce qui concerne la proposition d’accord, le ministre iranien espère la finaliser dans les deux ou trois jours à venir et la soumettre à ses homologues américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Cette initiative s’inscrit dans un cadre de discussions qui ont repris début février, marquant un tournant dans les relations entre les deux pays.

Le climat d’incertitude reste cependant palpable. En Israël, considéré comme l’allié des États-Unis et un ennemi juré de l’Iran, l’armée a été mise en alerte. Les tensions ont récemment culminé avec des frappes israéliennes contre des sites en Iran, provoquant une réaction militaire de Washington. Les États-Unis ont renforcé leur dispositif militaire dans la région, en réponse à la répression des manifestations par le régime iranien, et pour exercer une pression maximale sur Téhéran.

Au cœur des préoccupations se trouve le programme nucléaire iranien. Donald Trump a maintes fois exprimé son souhait d’imposer une interdiction totale de l’enrichissement de l’uranium par l’Iran, une demande que Téhéran considère comme une ligne rouge. Araghchi a récemment indiqué que les États-Unis n’avaient pas fait de demande d’arrêt total de l’enrichissement, ce qui pourrait ouvrir la porte à des négociations futures.

Actuellement, l’Iran enrichit l’uranium à un niveau de 60%, bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l’accord nucléaire de 2015, qui a désormais été largement abandonné. L’enrichissement à des niveaux aussi élevés soulève des inquiétudes quant à la possibilité pour Téhéran de développer des capacités nucléaires militaires, une situation que les pays occidentaux et Israël surveillent de près.

Tout en défendant son droit à un programme nucléaire civil, l’Iran insiste sur le fait que ses ambitions ne sont pas militaires. Toutefois, les soupçons persistent quant à ses intentions réelles, notamment dans le contexte de la rivalité régionale et des tensions persistantes avec les États-Unis.

À l’heure actuelle, la communauté internationale attend avec impatience l’évolution des négociations et les implications qu’elles pourraient avoir sur la stabilité du Moyen-Orient et le programme nucléaire iranien.