Inondations en France : un impact sévère sur l’agriculture et les prix des produits

La France fait face à une situation alarmante alors qu’elle subit des inondations sans précédent. Depuis le 15 janvier, le pays a enregistré près de 36 jours consécutifs de pluie, un record historique selon Météo-France. Cette accumulation de précipitations a entraîné de graves crues dans plusieurs départements, notamment la Gironde, la Charente-Maritime, le Lot-et-Garonne et le Maine-et-Loire. Les conséquences sont désastreuses pour l’agriculture, touchant presque toutes les filières.

EN BREF

  • Près de 36 jours de pluie record ont provoqué des inondations en France.
  • Les agriculteurs subissent des pertes majeures, notamment dans la production de fruits et légumes.
  • Les prix des produits alimentaires pourraient augmenter à cause de la baisse de l’offre.

Les agriculteurs se trouvent dans une situation critique, alors que les inondations ont déjà causé des pertes considérables. Frédéric Princic, éleveur de poulets à Aiguillon, dans le Lot-et-Garonne, a perdu près de 9.000 poussins, une perte financière qui s’élève à plusieurs milliers d’euros. « C’est la première fois que je noie des animaux en 39 ans. Ça fait mal », a-t-il confié à TF1.

Pascal Beaujean, maraîcher dans le Maine-et-Loire, a également subi des dégâts significatifs : environ 80.000 poireaux sont immergés, ce qui représente un manque à gagner d’au moins 50.000 euros. Les champs de céréales ne sont pas épargnés non plus, car même si ces cultures sont plus résistantes à l’excès d’eau, une exposition prolongée peut entraîner une asphyxie des racines. Philippe Garin, céréalier dans le Lot-et-Garonne, estime ses pertes à plus de 10.000 euros pour 50 hectares submergés.

La chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne estime qu’environ 1.000 exploitations sont touchées sur les 5.000 du département. Toutefois, pour de nombreux agriculteurs, il reste difficile d’évaluer précisément les pertes. Sylvie Delaurier-Zanuttigh, productrice de fraises, framboises et kiwis, souligne : « Il est encore difficile à l’heure actuelle de donner des chiffres des pertes, même à la louche. » Son exploitation est actuellement sous l’eau, ce qui complique l’évaluation des dégâts.

Les conséquences ne se limitent pas à la perte de récoltes. Les producteurs doivent également faire face à des défis logistiques. Marc Kerangueven, président de la Sica et producteur de légumes, explique que les conditions de récolte sont difficiles et que l’attente pour constater les dégâts entraîne des retards dans les plantations. « Nous avons eu beaucoup de casses de matériel. Les conditions de récolte sont difficiles », a-t-il déclaré.

Les risques de pénuries et de hausses de prix se dessinent. Sylvie Delaurier-Zanuttigh prévoit une augmentation des prix, bien qu’elle conserve un certain optimisme. « Les inondations sont un vrai handicap et vont, bien sûr, avoir un impact sur toute la saison », a-t-elle affirmé. De son côté, Marc Kerangueven reste dans l’incertitude quant à l’évolution des prix, soulignant que de nombreux facteurs doivent encore être considérés.

Les inondations posent également des questions sur la santé des sols. Selon l’agroclimatologue Serge Zaka, les sols pourraient subir une érosion et une perte de nutriments. « Il faudra parfois plusieurs mois, voire années, si les champs ont été sous l’eau pendant plusieurs semaines, pour retrouver la même fertilité », a-t-il averti. L’ironie est que cet épisode pourrait également recharger les nappes phréatiques, ce qui pourrait être bénéfique à long terme.

En somme, la situation actuelle en France est préoccupante pour l’agriculture, avec des conséquences inévitables sur les prix des produits alimentaires. La communauté agricole attend avec impatience le retour à des conditions climatiques favorables pour évaluer les dégâts et recommencer à travailler sur les champs.