Le chant mélodieux des mésanges au petit matin et le va-et-vient des rougegorges sur la pelouse illustrent bien la vitalité de certains jardins. À l’inverse, d’autres demeurent étrangement silencieux, même en présence de mangeoires bien garnies. La clé de cette différence réside souvent dans le choix des plantes, et plus particulièrement dans l’intégration d’espèces véritablement locales.
EN BREF
- Les plantes indigènes attirent les oiseaux en leur fournissant nourriture et abri.
- Une étude révèle qu’un chêne peut nourrir plus de 900 espèces de chenilles.
- Un jardin adapté doit offrir des ressources variées tout au long de l’année.
Les plantes indigènes, c’est-à-dire celles qui ont évolué avec la faune de votre région, sont essentielles pour attirer les oiseaux. Elles leur fournissent non seulement des insectes et des baies, mais aussi des abris tout au long de l’année. Par exemple, une étude de terrain démontre qu’un chêne (Quercus spp.) peut héberger une quantité incroyable de chenilles, bien plus que la plupart des arbres exotiques. Vingt-cinq espèces de plantes, comprenant des arbres, des arbustes, des grimpantes et des vivaces, se distinguent particulièrement dans cette quête de biodiversité.
Les oiseaux ne se rendent pas seulement aux mangeoires pour les graines. Ils sont attirés par la nourriture vivante. Les chênes, par exemple, abritent près de 900 espèces de chenilles, une ressource cruciale pour nourrir les oisillons. Les amélanchiers (Amelanchier spp.) offrent des baies d’été prisées par plus de 35 espèces d’oiseaux. De même, les vignes sauvages (Vitis spp.) nourrissent plus de 50 espèces, tandis que les tournesols indigènes hébergent plus de 70 espèces de chenilles et les asters plus de 100 espèces différentes. Un simple massif bien choisi peut donc se transformer en véritable garde-manger pour les oiseaux.
Les besoins alimentaires des oiseaux ne se limitent pas à la nourriture. Un jardin qui attire les oiseaux doit offrir quatre types de ressources : des insectes et des chenilles au printemps, des fruits et des graines de l’été à l’hiver, une végétation dense pour se cacher et nicher, et du nectar pour attirer des espèces comme les colibris ou les fauvettes insectivores. Les saules et les bouleaux, par exemple, concentrent les insectes, tandis que des arbustes à baies tels que le sureau, l’aronie ou les ronces-framboisiers prennent le relais en automne. Les plantes à graines persistantes durant l’hiver, comme les tournesols, les rudbeckies ou les asters, garantissent la présence d’oiseaux même lorsque le reste de la végétation est gelé.
Avant de vous précipiter en pépinière, il est recommandé d’observer votre terrain. Un sol lourd et frais est propice aux saules, aux sureaux, aux amélanchiers, et même aux lobélias cardinales ou aux impatiens du Cap. En revanche, un sol plus sec et ensoleillé favorisera les échinacées pourpres, les rudbeckies, les verges d’or, les tournesols et les asters. L’ombre claire conviendra bien à la vigne vierge ou à l’ancolie. L’important est de se concentrer sur les espèces natives de votre région ou de régions voisines, comme peuvent vous le confirmer les pépiniéristes spécialisés.
Pour structurer votre jardin, il est généralement conseillé de commencer par un grand arbre indigène, tel qu’un chêne, un pin, un bouleau ou un saule. Ensuite, vous pouvez ajouter une haie d’arbustes, incluant amélanchiers, physocarpes, sureaux, ronces et framboisiers, ainsi que des groseilliers à maquereau, des cassis et des aronies. Les grimpantes comme le chèvrefeuille trompette, la vigne vierge ou la vigne sauvage habillent agréablement clôtures et pergolas. En avant, un tapis de vivaces indigènes telles que l’échinacée pourpre, la lobélie cardinale, l’eupatoire et les asters apporte nectar et graines.
Il est préférable d’éviter les espèces exotiques invasives, comme le mûrier blanc ou le chèvrefeuille japonais, qui perturbent les équilibres locaux. Parmi les arbres, les chênes, les pins, les bouleaux et les saules sont des incontournables, bientôt accompagnés par les mûriers indigènes, les cornouillers et les cerisiers et pruniers locaux, très riches en fruits et en insectes.
Pour le niveau intermédiaire de votre jardin, les amélanchiers et les sureaux, ainsi que les framboisiers et les ronces indigènes, forment une matrice d’abris, de fleurs mellifères et de baies, de la saison printanière jusqu’au cœur de l’hiver. Les grimpantes indigènes, telles que le chèvrefeuille trompette, complètent ce tableau en offrant nectar et baies. Au sol, vous pouvez choisir parmi neuf vivaces et annuelles : échinacée pourpre, lobélie cardinale, eupatoire, verge d’or, rudbeckie, ancolie indigène, tournesols, asters indigènes et impatiens du Cap.
Il est recommandé de laisser les tiges et les graines en place durant l’hiver, de limiter au maximum l’usage de pesticides, et de conserver quelques feuilles mortes et un tas de branchages. Ces éléments naturels fourniront aux oiseaux nourriture, cachettes et matériaux pour leurs nids, les incitant ainsi à revenir, saison après saison.