Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé, dimanche 22 février, la convocation de l’ambassadeur américain à Paris, Charles Kushner, par le Quai d’Orsay. Cette décision intervient en raison des commentaires émis par l’administration Trump concernant la mort du militant Quentin Deranque.
EN BREF
- Jean-Noël Barrot convoque Charles Kushner suite à des propos de l’administration Trump.
- Les commentaires de l’ambassade américaine jugés inappropriés par la France.
- Ce n’est pas la première convocation de l’ambassadeur par la diplomatie française.
Dans une interview accordée à France Inter, ainsi qu’à France Télévisions et au quotidien Le Monde, Jean-Noël Barrot a exprimé son indignation face à l’instrumentalisation politique de la tragédie entourant la mort de Quentin Deranque, un militant nationaliste. « L’ambassade américaine a fait un commentaire sur ce drame, nous refusons toute instrumentalisation de ce drame, qui endeuille une famille française, à des fins politiques », a-t-il affirmé.
Les tensions ont été exacerbées lorsque l’ambassade américaine a relayé un message sur le réseau social X, traduisant un post publié par l’administration Trump. Ce message indiquait que les informations selon lesquelles Quentin Deranque aurait été tué par des militants d’extrême gauche, corroborées par le ministre de l’Intérieur français, étaient préoccupantes. « Nous continuerons à suivre la situation », ajoutait le post, suscitant ainsi la réaction du gouvernement français.
Barrot a également réagi fermement aux insinuations de l’ambassade américaine, déclarant : « Nous n’avons aucune leçon, s’agissant de la violence en particulier, à recevoir de l’internationale réactionnaire ». Il a souligné que la France devait être en mesure de gérer ses propres analyses politiques sans interférence extérieure.
Ce n’est pas la première fois que Charles Kushner est convoqué par la diplomatie française. En août 2025, il avait déjà été appelé au Quai d’Orsay suite à ses critiques sur l’action du président Emmanuel Macron concernant l’antisémitisme. Ces événements témoignent de la complexité des relations entre la France et les États-Unis, en particulier dans le contexte de déclarations politiques sensibles.
La mort de Quentin Deranque, qui a suscité de vives réactions au sein de la société française, reste un sujet délicat, et les récents commentaires de l’administration américaine semblent avoir franchi une ligne pour le gouvernement français. La situation soulève des questions sur l’intervention des puissances étrangères dans les affaires internes d’autres nations, en particulier lorsqu’il s’agit de tragédies touchant des citoyens.
Avec ces développements, la France réaffirme sa position quant à la gestion de ses affaires intérieures et l’importance de la mémoire des victimes, loin des débats politiques qui pourraient en faire un instrument de propagande.