Depuis son introduction par la loi Pacte en 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) connaît une véritable ascension dans le paysage financier français. À l’approche de la fin de l’année 2025, les données fournies par le ministère de l’Économie révèlent un encours total dépassant les 141 milliards d’euros, témoignant d’un engouement sans précédent pour ce produit d’épargne.
EN BREF
- Le PER atteint plus de 141 milliards d’euros d’encours à fin 2025.
- Près de 12,7 millions de Français détiennent un PER, attirant une clientèle jeune.
- Les dispositifs d’épargne retraite en entreprise connaissent une forte croissance.
Cette dynamique observée dans le développement du PER s’explique par une volonté croissante des Français de sécuriser leur futur financier, face à une méfiance grandissante vis-à-vis des régimes de base. Le PER se transforme ainsi en un levier puissant de financement pour les entreprises, orientant l’épargne des ménages vers l’économie réelle européenne.
Une adoption massive et diversifiée
Le succès du PER individuel est particulièrement marquant, générant à lui seul un encours de 82,4 milliards d’euros. Cette collecte croissante reflète la volonté des Français de prendre en main leur niveau de vie futur, sans se reposer uniquement sur les promesses de l’État. Avec près de 12,7 millions de titulaires fin 2025, le produit s’est démocratisé, séduisant un public de plus en plus jeune désireux de bâtir un complément de revenus sur le long terme.
En parallèle, les dispositifs d’épargne retraite collectifs connaissent également une forte progression. Les PER collectifs présentent un encours de 31,7 milliards d’euros, tandis que les versions obligatoires atteignent 27,1 milliards d’euros. Ces outils de capitalisation en entreprise favorisent l’abondement par l’employeur, permettant aux salariés d’optimiser leur fiscalité. Dans un contexte économique incertain, ces dispositifs deviennent des atouts non négligeables pour fidéliser les talents.
Le PER au service de l’économie
Plus de 80 % des actifs du PER sont investis en France et dans l’Union européenne, jouant un rôle crucial dans le financement des fonds propres des entreprises. En injectant plus de cinq milliards d’euros dans des actifs non cotés, le PER soutient les objectifs de souveraineté européenne et de compétitivité industrielle. Cette allocation stratégique des ressources permet aux épargnants de participer activement à la croissance du tissu économique national, tout en espérant des rendements supérieurs grâce aux unités de compte.
Une enquête récente du Cercle de l’épargne révèle que 72 % des non-retraités estiment que leur pension future sera insuffisante. Cette préoccupation amplifie la tendance à privilégier la capitalisation, afin de sécuriser un avenir financier plus serein. De surcroît, l’inquiétude quant à la pérennité du système de retraite par répartition, confronté à des réformes visant à allonger la durée de cotisation, incite de plus en plus de Français à se tourner vers le PER, perçu comme une couverture contre ces incertitudes.
Des atouts fiscaux et une gestion adaptée
L’un des principaux attraits du PER réside dans son avantage fiscal à l’entrée, permettant aux épargnants de déduire leurs versements de leur revenu imposable. Bien que le budget 2026 ait introduit des ajustements, tels qu’une augmentation des prélèvements sociaux à 18,6 % lors des sorties en capital, cette déduction continue d’attirer les contribuables des tranches supérieures, leur offrant un moyen efficace de réduire leur imposition.
Le succès du PER repose également sur une gestion pilotée par horizon, qui ajuste automatiquement le niveau de risque en fonction de l’âge du titulaire. Les épargnants de moins de 40 ans, par exemple, investissent massivement en unités de compte, acceptant une certaine volatilité dans l’espoir de meilleures performances. Cette stratégie d’investissement à long terme est encouragée par les assureurs, qui développent de nouveaux supports axés sur l’innovation et la transition écologique.
À l’aube de 2026, le PER s’affirme comme un élément central du patrimoine des Français, dépassant le simple statut de réserve de précaution. Il représente désormais un choix réfléchi et stratégique pour préparer l’avenir financier dans un environnement en constante évolution.