Escroqueries liées aux entretiens d’embauche : une diplômée victime d’une arnaque

Le marché de l’emploi traverse une période difficile. Selon une étude récente, 85 % des entreprises envisagent de réduire leurs recrutements en 2026. Dans ce contexte déjà tendu, les chercheurs d’emploi doivent également faire face à des arnaques de plus en plus sophistiquées, dont une méthode particulièrement insidieuse : les faux entretiens d’embauche.

EN BREF

  • Une diplômée en architecture a été victime d’une arnaque lors d’un faux entretien.
  • Les escrocs demandent des documents sensibles avant l’entretien.
  • Un avocat recommande d’ajouter des filigranes aux documents envoyés.

Le témoignage de Perrine, une jeune diplômée en architecture, illustre parfaitement ce phénomène. À la recherche d’un emploi, elle a découvert une annonce sur le site Indeed pour un poste dans un cabinet d’architectes. L’offre semblait authentique, le cabinet existant réellement. Après quelques échanges de courriels, un entretien a été fixé.

À la surprise de Perrine, l’employeur potentiel lui a demandé de fournir plusieurs pièces justificatives avant la rencontre : une copie de sa pièce d’identité, une attestation d’hébergement et même son IBAN. « C’est inhabituel de demander ces documents avant un entretien », a-t-elle pensé, mais son enthousiasme l’a poussée à envoyer le dossier sans trop réfléchir.

Ce n’est qu’après avoir envoyé ces informations qu’elle a commencé à douter. Pour vérifier, elle a contacté le cabinet d’architectes, qui lui a confirmé qu’ils n’étaient pas en train de recruter. C’est alors qu’elle a réalisé avoir été piégée, et que sa sécurité personnelle était désormais compromise.

Les conséquences d’une telle arnaque peuvent être désastreuses. Les fraudeurs qui obtiennent ces informations peuvent usurper l’identité de la victime, entraînant des abus tels que des amendes de transport ou l’achat de biens à leur nom. La situation devient encore plus préoccupante lorsque l’on apprend que ce type d’escroquerie n’est pas isolé. En juin dernier, Le Journal de Montréal relatait un incident similaire impliquant une diplômée en comptabilité qui a été victime d’une fraude orchestrée par des imposteurs se faisant passer pour Randstad Canada.

En France, les arnaques ciblent principalement les secteurs où les offres d’emploi sont rares, tels que l’architecture et la communication. Les annonces pour des postes en alternance sont également fréquemment utilisées pour piéger les candidats. Les chercheurs d’emploi doivent donc faire preuve de vigilance et se méfier des demandes d’informations excessives lors de candidatures.

Un avocat spécialisé dans les affaires d’usurpation d’identité a conseillé aux candidats de protéger leurs documents en y ajoutant un filigrane. Cette technique permet d’insérer des informations dans un fichier numérique, limitant ainsi son utilisation par des tiers. Il est crucial de garder à l’esprit qu’il n’est pas normal d’avoir à fournir autant d’informations personnelles pour un simple entretien d’embauche.

Dans un environnement de recrutement de plus en plus complexe, la prudence est de mise. Avant de transmettre des documents sensibles, il est toujours préférable de vérifier l’authenticité de l’employeur potentiel. La vigilance est la meilleure défense contre ces escroqueries qui risquent de s’intensifier dans les mois à venir.